Curse of the awaken
Le week-end dernier avait lieu la Lake Parade à Genève. C’est comme la Street Parade de Zürich, sauf que ça a lieu un mois plus tôt, c’est moins gros et c’est moins bien.
Il y a quelques années, à l’époque où il s’agissait encore d’une véritable parade techno, ça valait vraiment le déplacement. La musique s’est malheureusement progressivement dégradée, tout comme la faune qu’attire l’événement d’ailleurs.
La Lake se déroule toujours de la même façon: on marche beaucoup, on profite peu du son et on finit par perdre tout ou partie des gens avec qui on passait la soirée. Cette année encore, ça n’a pas manqué.
Petit retour en arrière.
Il est environ 1h30 du matin et je tente de rejoindre le groupe lorsque je me retrouve brusquement tout seul, après avoir inexplicablement perdu un pote qui marchait 2 mètres derrière moi.
Je comprends rapidement que j’ai meilleur temps de rentrer chez moi plutôt que de partir à la recherche de 5 bourrés dans une foule de 300′000 personnes.
Je ne sais pas si je me fais vieux et rabat-joie, mais sur le chemin du retour, je ne peux m’empêcher de trouver le spectacle de cette Lake Parade particulièrement glauque.
Il est vrai que je suis encore relativement lucide, ce qui explique peut-être ce regard tout à fait inédit que je pose sur la ville à ce moment-là.
Des montagnes de déchets, des fleuves de pisse, des cadavres allongés derrière les chars, des gamines titubant d’un air hagard et des Albanais gominés se foutant sur la gueule, voici un petit aperçu des scènes extrêmement bucoliques dont je suis le témoin en parcourant les quelques centaines de mètres séparant les quais de mon appartement.
Y a plus glamour, non ?
Personnellement, je suis chéper comme au premier jour après avoir bouffé des mush de Dam toute la soirée. J’avoue que j’évite au maximum la lumière des lampadaires tant je sens mes pupilles déborder de mes yeux, et mon corps me semble délicieusement léger.
Arrivé chez moi, je décide d’en fumer un dernier en regardant une série. Il me reste un trait que j’ai précieusement gardé en vue de mon retour lors de mon passage aux stands en milieu de soirée.
Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’il me donnerait à ce point envie d’en taper d’autres. Après avoir fait semblant d’hésiter, j’appelle mon dealos pour savoir où il se trouve. Encore en ville, coup de bol.
Le temps d’un aller-retour vivifiant et je me réinstalle devant mon ordi, au sommet de ma forme et avec un gramme de blanche dans la main. Quelques champignons de plus pour accompagner la bière et roulez jeunesse – calembour pourri next gen inside.
Sans grande surprise, je trouve des gens encore debout sur irc. C’est bien connu, le geek est un animal nocturne au même titre que le chéper; il est simplement moins actif, moins social et encore moins compréhensible.
Je discute jusqu’à 5 heures du matin en me repoudrant régulièrement le nez. Ce n’est qu’alors que j’ai commence à regarder ma série, activité initialement planifiée 3 heures plus tôt. Je tourne encore au pastis et j’ai bientôt fini mon gramme.
J’ai en revanche fini par poser les mush, ayant réalisé que ce serait peut-être une bonne idée de me laisser le temps de digérer avant d’en reprendre. Constat qui se révèle parfaitement exact 3 heures plus tard dans la mesure où je suis toujours parfaitement réveillé.
Je fini par me mettre au lit vers 9h30. Ce n’est toutefois que vers 11h que les effets du cocktails détonnant de la soirée cessent de se faire sentir, me laissant enfin somnoler.
Je suis réveillé à 13 h30 par un texto qui fait violemment vibrer mon portable, intelligemment allumé et posé à quelques centimètres de mon oreiller. Je l’attrape péniblement et utilise mes doigts pour ouvrir l’une de mes paupières.
Le temps de faire la mise au point et je réalise que le texto vient de mon boss. On est en retard pour une présentation client super importante et il aurait besoin d’une relecture finale. Comme j’ai le meilleur niveau d’anglais de la boîte, c’est à moi qu’il demande ce service.
J’ai beau adorer mon boulot et mon boss, il me faut une bonne dose d’auto-persuasion avant d’accepter de relire un document hyper technique de 56 pages, un dimanche après-midi et dans un état pareil.
Je finis néanmoins par m’y coller, à grand renfort de café et en relisant chaque phrase deux fois pour être sûr de ne rien rater. Autant dire que ça me prend un moment.
Une fois la relecture terminée, je m’écroule devant la télé pour suivre les exploits de notre Federer national. 4 heures et 3 syncopes plus tard, j’exulte. J’ai été obligé de finir la C pour que mes nerfs tiennent le coup – le chéper est d’une bonne foi légendaire.
Sur le coup des 22 heures, je suis victime d’un phénoménal coup de barre. Je n’ai dormi que deux heures depuis la veille au matin, et j’ai infligé à mon organisme un traitement assez radical à base de psychotropes pilés.
A 22h30, je m’effondre dans mon lit, terrassé de fatigue. C’est là que se produit cette scène exceptionnelle – du moins pour moi – qui constitue le réel objet de cet article, dont j’espère que vous excuserez les interminables 20 premiers paragraphes.
Non seulement je sombre en moins de dix minutes, mais je dors profondément jusqu’à ce que mon réveille sonne à 7h30 le lendemain matin. La dernière fois que j’ai fait une nuit pareille, j’étais un foetus.
C’est fou l’effet que ça fait de se sentir aussi bien au réveil. C’est une sensation que j’avais complètement oubliée et qui, sur le moment, m’a procuré un réel plaisir. Pourtant, depuis, je ne peux m’empêcher d’y puiser une certaine amertume.
J’imagine ce que ça doit être agréable de considérer un tel événement comme naturel, et j’essaie d’estimer ce que je serais prêt à donner pour que ce soit le cas. J’essaie de déterminer la valeur que j’attribue à un sommeil paisible dès maintenant et pour le restant de mes jours.
Plus mes calculs se précisent, plus je doute d’être capable de régler la note.
3 août 2009 à 12:16
Hello,
au lieu de te morfondre durant tes longues nuits d’insomnie et quitte à etre défoncé, tu ferais mieux de te trouver une occupation plutot que de te retourner dans ton lit….
Il serait peut etre temps que tu investisses dans du matos pour mixer, au moins tu rendras productives toutes ces heures perdues tout en assouvissant ta passion pour le son ! En plus, je suis persuadé que tu as du talent, vu à la vitesse à laquelle tu as tout compris !
Trois choses à ne pas oublier :
Primo, tu n’es pas la seule personne à etre insomniaque (environ 30% des gens sont concernés). Y’en a qui en profite pour taffer, d’autre pour faire autre chose et d’autre pour déprimer. A toi de choisir.
Secundo, on ne tombe pas accro à la c… j’en suis la preuve vivante. Alors mets toi des limites. Ca ne sert à rien d’en prendre seul chez soi si c’est pour ne pas bouger faire la fete ensuite. C’est aussi complètement con d’aller en rechercher en fin de soirée… Après tu te poses des questions sur le fait d’être insomniac… ca ne va pas t’aider….Idem pour la boisson… une fois de plus, pour te changer les idées et oublier tes vieux démons, concentres toi sur autre chose… la blog s’est bien, mais ca te fait trop cogiter… je t’encourage donc une nouvelle fois à passer à autre chose (du son… putain de merde).
Tercio, au lieu de raconter ta vie sur ton blog et d’éviter les potes, tu ferais mieux d’en parler avec eux, et avec nous notamment…. Pour info, ca fait 2 mois qu’on te voit plus et que tu nous esquives au dernier moment pas sms !
N’oublies pas… la vie est faite de plein de bonnes teufs… faut se ménager pour durer et en faire le plus, le plus longtemps possible…. au rythme ou tu vas, tu vas finir comme tous ces pauvres cons qui ont cramé tout leur capital teuf et défonce en 2 ans et qui jouent aujourd’hui les répentis (dixit quentin ou ré)… C’est le pire qui puisse t’arriver.
Dommage, car tu as l’air si heureux sur les dances floors… c’est con de tout gacher !
Dernier point : t’as pris une grosse claque y’a 6 ans, t’as pas de meuf, mais t’as la santé, une bonne gueule, un bon diplome, un bon job et des tunes, pleins de super potes et des milliers de rencontres à faire encore…. Penses y seulement !
Vivement Ozora… ca va te faire du bien de voir du pays
Papy