Page de pub 2

Un homme sort d’une boîte de nuit alors que le jour se lève à l’horizon. Il a beaucoup bu, titube un peu et n’aspire qu’à retrouver la douceur de sa couette.

L’été vient de commencer et la température est agréable. Il jette négligemment la veste de son costume sur son épaule, desserre un peu plus le nœud de sa cravate et allume une cigarette dont la fumée s’échappe de sa bouche en une succession de légers cercles bleutés.

Il marche lentement dans les rues désertes, savourant chaque bouffée qu’il expulse dans un soupir de contentement, et prenant un réel plaisir à contempler les jeux de lumière que le soleil projette sur les bâtiments de brique en prenant son envol.

Au détour d’une rue, il tombe sur une petite roulotte de restauration rapide miraculeusement ouverte et qui sert des plats à réchauffer étiquetés Marie.

Il en achète un et l’accompagne d’une bouteille d’eau minérale: un peu de fraîcheur dans sa gorge desséchée par l’alcool, la cigarette et le volume sonore qu’il a dû déployer toute la soirée pour se faire entendre.

Il poursuit son chemin et accélère le pas, revigoré par ce petit en-cas et désormais impatient de retrouver les bras de Morphée. Pour gagner du temps, il décide d’emprunter un raccourci à l’allure peu engageante mais qui, aux premières lueurs du jour, lui inspire la plus vive sympathie.

Il s’engage donc dans une ruelle étroite et sombre en allumant une autre cigarette. A l’autre bout de cette ruelle, il aperçoit un homme à terre en train de se faire rouer de coups par deux énormes types armés de battes de base-ball.

Malgré la distance, il entend les os craquer les uns après les autres, tandis que les cris de la malheureuse victime perdent progressivement en intensité. La stupeur le paralyse et il assiste, immobile, à cette scène épouvantable de barbarie.

Les deux loubards finissent par quitter les lieux, laissant derrière eux un tas de chair meurtrie. L’homme se remet en mouvement, sa cigarette allumée coincée entre les lèvres mais sur laquelle il ne pense même plus à tirer.

Il s’approche du corps sanguinolent et s’arrête à sa hauteur, ne sachant guère quelle attitude adopter. De faibles gémissements parviennent à ses oreilles, témoignant d’une vie encore vaguement présente mais sur le point de s’éteindre.

L’homme hésite un instant, jette un œil de part et d’autre de la ruelle, puis se décide. Il pose sa veste sur un cageot à légumes défoncé, prend une profonde inspiration et décoche un formidable coup de pied dans les côtes du moribond.

Il répète son geste une dizaine de fois, puis s’empare d’une brique qui traîne dans le caniveau. Il assène plusieurs coups à la tête de ce qui n’est déjà plus qu’un cadavre, récupère sa veste et reprend la route qui le mènera enfin vers une nuit de sommeil bien méritée.

Gros plan sur le packaging Marie avec texte en surimpression et voix off:

Marie. Ce n’est pas parce que c’est déjà fait qu’il ne faut rien faire.

2 réponses vers “Page de pub 2”

  1. ouylle a dit :

    Mortelle. La chute est. C’est pas gentil de me faire pleurer de rire sur un jugement de séparation….

  2. The Psyminder a dit :

    C’est ça qui te fait parler comme Yoda ? ;)

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