Dub’n'Trance 2008 – 18:30 – 01:00
J’avoue qu’au moment où je commence à écrire, je ne sais toujours pas si j’ai passé une bonne soirée ou pas. Même s’il y a eu du bon, la soirée dans son ensemble n’en demeure pas moins en-dessous de mes espérances, me laissant un sentiment… d’inachevé.
Mais prenons les choses dans l’ordre.
Préambule: quelques mots sur cette soirée un peu particulière
Dub’n'Trance, comme son nom l’indique, était placé sous le signe de deux genres musicaux bien distincts: le dub et la trance – la pstyrance pour être précis. La soirée commençait donc par 4 concerts de dub – même si les groupes qui se sont produits ne correspondent guère à ma définition du dub, avant d’enchaîner sur près de 10 heures de platines débridées.
Pour l’occasion, je devais retrouver à Grenoble 3 personnes que je ne connaissais jusqu’alors que par le biais d’internet: deux mecs de la région et une copine de Montélimar venue elle aussi juste pour cette soirée. Il y avait donc dès le début de cette aventure une bonne dose d’inconnu, à la fois source de stress et d’excitation.
En effet, si je connais très bien la demoiselle – et qu’elle me connaît très bien aussi accessoirement, je ne pouvais pas en dire autant des deux autres lascars. C’est néanmoins sans trop d’appréhension que je me suis mis en route sur le coup des 15h, samedi après-midi.
Phase 1: ou comment j’aurais pu terminer ma soirée à 20h15
Deux petites heures de train et me voici à Grenoble. J’y retrouve Charlène grâce à son signalement infaillible: une nana avec une peluche Snoopy dans les bras. Nous nous mettons en route vers le Summum, suivant par téléphone les indications de Jérémie et Clément déjà arrivés.
Non sans quelques allers et retours, nous finissons par arriver sur le parking du Summum, encore relativement désert. Il faut dire que la soirée s’annonce très longue. Ceux qui sont arrivés de bonne heure, craignant comme nous le prix des boissons à l’intérieur, ont dressé des bars de fortune sur les toits des voitures.
Certains sont déjà dans un état flipant si l’on considère qu’il est à peine 19 heures. De la musique se fait entendre à différents endroits, entrecoupée de cris gutturaux et de chants avinés. On reconnaît rapidement ceux qui iront s’effondrer sur un banc avant qu’il ne soit minuit.
Nous entamons gentiment la bouteille de vodka en discutant, et le contact passe très bien. Vers 20h15, entendant du son en provenance du Summum, nous déduisons – finement – que le premier concert a débuté. Nous nous mettons donc en chemin, laissant la fin de la bouteille dans la voiture. Grave erreur.
Phase 2: ou ce qui m’a appris qu’il ne faut pas débarquer à 20h quand la musique qu’on aime ne commence qu’à 1h du matin
En effet, après avoir écouté la fin du premier concert – Fumuj, pas de quoi se taper le cul au plafond d’ailleurs, nous tentons de retourner à la voiture boire un petit verre. “Sortie définitive”, nous répond un des nombreux gorilles chargés de la sécurité. Bon ben on va rester alors, c’est demandé si gentiment.
Deuxième concert, Dub Trio. J’ai vraiment trouvé ça pourri, ça a bien failli me démotiver pour de bon d’ailleurs. Heureusement, à ce moment-là, Monique et Papy débarquent. L’occasion d’aller en fumer un petit dehors, à condition de rester dans la zone délimitée par le gang des primates. Au moins ils ne nous auront pas fait chier pour la weed.
Troisième concert, Asian Dub Foundation. J’ai beau retourner les faits dans tous les sens, le constat reste le même: mon machin que ça a mal vieilli. Pas de quoi s’éterniser sur le sujet, même si les quelques centaines de personnes embarquées dans un pogo endiablé devant la scène ne partagent probablement pas mon opinion.
Avec Papy et Monique, nous en profitons pour nous poser un moment dans les gradins. Je leur donne un taz à se partager, profitant du retour inopiné d’un ami parti à Amsterdam et rentré le matin même. Papy est pressé, ils s’enfilent donc chacun leur moitié sur-le-champ. Je préfère attendre d’être vraiment motivé, et Asian Dub n’y contribue clairement pas.
Aux alentours de minuit commence le quatrième concert, Hilight Tribe. Indescriptible. Je ne savais même pas qu’on pouvait sortir des sons pareils sans avoir recours à des ordinateurs, des platines ou n’importe quel autre équipement un tant soit peu évolué technologiquement.
Papy se réjouissait que je découvre la trance acoustique; je comprends mieux pourquoi. Entre le percussionniste déjanté et le phénoménal joueur de didjeridou, j’assiste à des performances musicales que je n’aurais jamais crues possibles. Je commence enfin à rentrer dans la soirée, et je choisis ce moment pour avaler un taz. Entier. Grave erreur.
Il est bientôt une heure du matin, et je commence soudainement à avoir chaud. Je sens déjà confusément ce qui va suivre; j’ai mis moins de vingt minutes à décoller, ce qui témoigne d’une ecsta beaucoup trop puissante pour être honnête. Sous prétexte d’aller aux chiotes, je m’éclipse rapidement pour aller me passer de l’eau sur le visage.
Je viens de vous décrire les 30 prochaines minutes de ma soirée.