Psy Battle – Get back

Je descends rapidement ma vodka-pomme histoire d’avoir les mains libres et retourne danser. Il y a désormais tellement de gens dans cette fournaise qu’il est difficile de trouver quelques mètres carré d’espace pour évoluer à son aise.

La troisième paire de DJs a pris possession des platines et est visiblement décidée à graver cette soirée au fer rouge dans les esprits. L’atmosphère est si électrique qu’elle en devient par moments difficilement supportable. Pour la première fois – la toute première, j’ai l’impression de passer inaperçu.

Les gens sont tous déchaînés; certains semblent frustrés que leur corps ne soit pas capable d’en faire plus pour exprimer les sensations que leur procurent les assauts démoniaques de deux virtuoses totalement noyés dans l’inspiration. Le temps se noie indiciblement dans un concert de vibrations que seule vient troubler une quatrième moitié, si prévisible il est vrai.

Sans vraiment m’en rendre compte, je me déplace au fur et à mesure que je repère des mouvements dans la foule. L’espace est une denrée toujours aussi rare, et le simple départ d’un couple peut créer une différence considérable pour votre liberté de mouvements.

Je me retrouve ainsi balloté de droite et de gauche, d’avant en arrière, essayant de garder les yeux ouverts mais les refermant avec un indescriptible plaisir, pour des plongées de plus en plus longues. Ma vue ne m’est à présent d’aucune utilité, et ma communion si précieuse avec le son s’opère dans des proportions incomparables lorsque toute mon attention n’est stimulée que par un seul sens: l’ouïe.

Je n’ai pas revu Melissa, et l’idée me traverse l’esprit un court instant: si j’allais m’assurer que tout va bien ? Fuck it, me réponds-je aussitôt, je suis pas un Saint-Bernard. Je suis venu pour bibi, pour ma pomme et pour celle de personne d’autre, alors au diable les défoncés. Chacun ses problèmes, merde.

La dernière demie heure n’est qu’un indicible moment d’extase. Léger comme l’air, libéré et euphorique, je lâche dans ce Psy Battle tout ce qu’il me reste à une heure pareille; à ma propre surprise, il en reste un max.

Mes membres jaillissent de mon corps a un rythme effréné, rebondissant sur chaque note, ricochant sur chaque basse, trouvant leur place dans les moindres recoins de l’air bouillonnant du Piment Rouge. J’ai chaud mais je me sens bien; à ma place. Serein. Mon style saccadé et épileptique commence à suinter par tous les pores de ma peau, incapable de sommeiller plus longtemps dans cet environnement qui lui convient à la perfection.

L’allumage des lampes sur le coup des 5 heures est une véritable douche froide. La musique continue, mais la luminosité soudaine est un supplice sensoriel. Je me dirige rapidement vers le bar, histoire de récupérer ma veste avant le mouvement de foule principal, et quitte les lieux. Aucune trace de Melissa ni de son copain, ce que j’interprète – à tort ou à raison – comme un signe qu’elle a réussi à gérer la situation.

Le retour chez moi, dont je me rappelle – c’est assez rare pour être souligné, s’effectue dans un brouillard laiteux. Je suis raisonnablement lucide, suffisamment du moins pour savoir que je dois avoir une tête à faire peur. Je croise quelques silhouettes en chemin, parfois incapables de dire s’il s’agit de gens déjà levés ou pas encore couchés.

A mon réveil le samedi, vers 13 heures, j’émerge difficilement. Pas la gueule de bois, mais cette sensation diffuse que 2 ou 3 ans de sommeil en plus n’auraient pas été superflus. Dans une certaine mesure, j’ai su gérer ma consommation et mon porte-monnaie, malgré l’absence d’un garde-fou genre Monique. Comme quoi, quand on veut…

Bref – j’adore placer un “bref” après une saga pareille, cette soirée a été absolument énorme. Pourtant, des trois soirées qui se trouvent sur ma liste, ce n’est clairement pas celle dont j’attendais le plus. J’avoue trouver cela extrêmement prometteur pour la suite des événements, qui recèle certainement son lot de surprises elle aussi. Alors oui, je sais: j’abuse, et bla et bla et bla…

J’assume. Quel pied.

3 Réponses vers “Psy Battle – Get back”

  1. Salut grand,

    Ben merci pour les commentaires, c’était moi (Psyclone)et un pote (kailash) qui mixions à la fin !!!!

    Prochaine soirée 05.12.08, tu peux aller checker sur goabase.de

  2. Kailash a dit :

    Salut, superbe feed très bien écrit… Qui me touche particulièrement car je suis un des 2 derniers dj’s. ( le moins grand, avec le moins de cheveux )
    Heureux, très heureux meme, de t’avoir fait plaisir.
    La prochaine fois viens te présenter je te paye une vodka-pomme ;-)

    Olivier

  3. The Psyminder a dit :

    Fichtre, que d’honneurs, voilà que les artisans de cette mémorable soirée débarquent sur mon blog !

    Merci pour vos commentaires, et merci également pour cette grosse soirée à laquelle je repense souvent. Olivier, je te prends au mot pour cette histoire de vodka-pomme, alors à la prochaine… peut-être le 5 décembre ;)

    EDIT: je viens d’aller voir sur goabase, je confirme que je serai de la partie ! En revanche Olivier, tu n’y seras pas apparemment donc je compte sur toi pour donner des sous à ton collègue :)

    Psyberpunk + Psyclone, ça va encore être une très grosse soirée et une toute petite nuit…

Leave a Reply