Archive pour octobre, 2008

Dub’n'Trance 2008 – 01:00 – 06:00

Posted in Blog Trotter avec des tags , , on 31 octobre 2008 by The Psyminder

Pendant ces trente terribles, interminables minutes, je déambule dans le hall du Summum, marchant du bar aux toilettes et des toilettes au bar, livide, tremblotant, frigorifié mais suant malgré tout 2 litres à la seconde.

En désespoir de cause, je décide d’aller m’acheter un coca histoire de me remettre un peu de sucre dans le sang. L’attente est interminable, la serveuse désespérément décontractée, et je m’attends à défaillir à tout moment. Je sens le regard des gens sur moi, ce qui ne m’aide clairement pas à garder le contrôle de ma sudation. Sans aucun doute l’un des souvenirs les plus angoissants de mon existence.

Mettant enfin la main sur mon précieux coca, je retrouve Papy, Monique et Charlène. Incapable de tenir plus longtemps, je retourne m’asseoir dans les gradins, laissant à Charlène la responsabilité de retrouver les deux autres avant de nous rejoindre. Je ne l’ai jamais revue, ce qui s’explique aisément par trois raisons principales:

  1. Elle n’a pas de téléphone portable.
  2. Il devait bien y avoir près de 4′000 personnes au plus fort de la soirée.
  3. Elle était partie depuis déjà un bon moment quand j’ai commencé à la chercher.

Après avoir passé une bonne heure assis à me réchauffer, profitant des pétards de Papy et Monique lorsqu’ils viennent prendre de mes nouvelles, je commence à retrouver mes jambes et ma motivation. J’avoue être en cela bien aidé par Buzzt, qui s’est vu confier la lourde responsabilité d’ouvrir le bal de la psytrance après le show exceptionnel de Hilight Tribe – dont j’ai bien entendu raté la fin avec mes conneries.

Dès les premières secondes, je décolle littéralement malgré mon état. En un instant, le décor devient irréel: les éclairages sombrent dans le vert mutant et le violet électrique, les beats infernaux aux sons chargés de basses caverneuses emplissent soudainement l’air déjà brûlant du Summum, et le spectacle qui s’offre à mes yeux de chéper en pleine nébuleuse a des allures de film de science-fiction.

Lorsque Psynema prend le contrôle des platines, le trip prend des proportions littéralement surhumaines, pas tant grâce au son que grâce aux visuels. N’y tenant plus et désormais totalement remis, je descends rejoindre Papy et Monique.

Deux écrans géants placés de part et d’autre de la scène diffusent des séquences d’images en totale adéquation avec le set; des scènes de film en noir et blanc aux images de synthèses psychédéliques, en passant par des simulations de vol en 3D ou des pluies d’astéroïdes, l’immersion sensorielle est purement phénoménale.

La drogue est décidément bien trop forte: malgré mon regain de motivation, je n’arrive pas à me réchauffer. Papy m’apprend qu’il vit les mêmes sensations depuis des heures, ce qui me rassure plus ou moins. Cette situation n’en demeure pas moins difficile à gérer psychologiquement: je sais pertinemment qu’il ne peut pas faire froid dans une salle fermée au coeur de laquelle s’agitent des milliers de personnes, mais le froid s’insinue néanmoins au plus profond de mon être. Je fais avec.

Après Psynema, les deux allumés qui composent le tandem Growling Mad Scientists (GMS) font leur apparition. C’est l’une des trois prestations pour lesquelles je suis venu, et je sais déjà que je n’assiterai malheureusement pas aux deux autres. En effet, Mindcore est programmé de 6h30 à 7h30, et le duo Bliss-Painkiller (A-Team) pendant l’heure d’après.

Leur live act me laisse un peu sur ma faim, en bonne partie parce que je le passe à chercher Charlène. J’ai totalement perdu la notion du temps, et mon seul point de repère est l’ordre de passage des DJs. Il doit être environ 4 heures.

Je parcours inlassablement les gradins et le hall, dans un sens puis dans l’autre, sans succès. Je persuade même un des gorilles de m’accompagner sur le parking pour vérifier si Charlène ne dort pas dans sa voiture. Pas de voiture. King Kong me raccompagne à l’intérieur avec un regard empli de dépit et, étonnamment, d’une certaine compassion. Ou peut-être juste de dépit après tout.

A l’intérieur, c’est un nouveau duo qui a pris possession des platines: Leptit Vs Moonquake. Le nom m’est inconnu mais j’aime beaucoup ce qu’ils font. Je n’ai malheureusement plus la force de danser, vidé par mes kilomètres de recherches infructueuses et surtout par cette stupéfiante montée d’ecsta, qui m’a laissé passablement afaibli.

Monique et Papy, qui se foutent de ma gueule sans interruption depuis deux bonnes heures, dansent  tout chéper près des gradins. Je m’assieds à proximité, mais ils me rejoignent bientôt. Le départ est proche. “Un dernier pet et on y va” annonce Monique, un sourire entendu sur les lèvres. Nous décollons peu avant 6h du matin, non sans avoir écumé une dernière fois le parking en quête de cette insaisissable C3 blanche.

Le retour est long, même si c’est à nouveau Papy qui écope de la lourde tâche de ramener tout le monde à Genève. J’essaie de roupiller à l’arrière mais mes problèmes de température refusent de s’arranger. Je garde  les yeux hermétiquement fermés en passant la douane, et prie pour que Papy tienne le coup lorsque la douanière lui demande s’il a des marchandises à déclarer.

“On a déjà tout avalé, vous arrivez trop tard” est la réplique qui nous vient tous à l’esprit. Nous sommes heureusement encore assez lucides pour ne pas la placer. Arrivés à Genève vers 8h du matin – n’ayant plus ni veste ni clés, je dors chez eux, il nous faut encore une bonne heure avant d’être au lit. Le temps d’une douche chaude salvatrice et d’un dernier pétard, un vrai cette fois.

C’est à 20 heures seulement, après que Papy m’a raccompagné chez mon père chercher un double des clés, que je franchis enfin le seuil de mon appartement. Exténué, vidé et, par dessus tout frustré. Ce n’est pas comme ça que je m’étais imaginé cette soirée, et j’ai la désagréable certitude d’avoir plus galéré qu’autre chose.

J’en tire un certain nombre d’enseignements qui me seront peut-être, pour une fois, utiles pour la suite. En attendant, j’aurais mis 3 soirs à écrire cet article, probablement parce que ça me fait mal au sac de raconter que cette soirée tant attendue a si lamentablement merdé. Peut-être aussi parce que je n’arrive pas à déterminer précisément ma part de responsabilité là-dedans.

Quoi qu’il en soit, une fois de plus j’avais visé juste: la soirée s’est déroulée selon un scénario que j’étais bien loin d’avoir anticipé.

Dub’n'Trance 2008 – 18:30 – 01:00

Posted in Blog Trotter avec des tags , , on 31 octobre 2008 by The Psyminder

J’avoue qu’au moment où je commence à écrire, je ne sais toujours pas si j’ai passé une bonne soirée ou pas. Même s’il y a eu du bon, la soirée dans son ensemble n’en demeure pas moins en-dessous de mes espérances, me laissant un sentiment… d’inachevé.

Mais prenons les choses dans l’ordre.

Préambule: quelques mots sur cette soirée un peu particulière

Dub’n'Trance, comme son nom l’indique, était placé sous le signe de deux genres musicaux bien distincts: le dub et la trance – la pstyrance pour être précis. La soirée commençait donc par 4 concerts de dub  – même si les groupes qui se sont produits ne correspondent guère à ma définition du dub, avant d’enchaîner sur près de 10 heures de platines débridées.

Pour l’occasion, je devais retrouver à Grenoble 3 personnes que je ne connaissais jusqu’alors que par le biais d’internet: deux mecs de la région et une copine de Montélimar venue elle aussi juste pour cette soirée. Il y avait donc dès le début de cette aventure une bonne dose d’inconnu, à la fois source de stress et d’excitation.

En effet, si je connais très bien la demoiselle – et qu’elle me connaît très bien aussi accessoirement, je ne pouvais pas en dire autant des deux autres lascars. C’est néanmoins sans trop d’appréhension que je me suis mis en route sur le coup des 15h, samedi après-midi.

Phase 1: ou comment j’aurais pu terminer ma soirée à 20h15

Deux petites heures de train et me voici à Grenoble. J’y retrouve Charlène grâce à son signalement infaillible: une nana avec une peluche Snoopy dans les bras. Nous nous mettons en route vers le Summum, suivant par téléphone les indications de Jérémie et Clément déjà arrivés.

Non sans quelques allers et retours, nous finissons par arriver sur le parking du Summum, encore relativement désert. Il faut dire que la soirée s’annonce très longue. Ceux qui sont arrivés de bonne heure, craignant comme nous le prix des boissons à l’intérieur, ont dressé des bars de fortune sur les toits des voitures.

Certains sont déjà dans un état flipant si l’on considère qu’il est à peine 19 heures. De la musique se fait entendre à différents endroits, entrecoupée de cris gutturaux et de chants avinés. On reconnaît rapidement ceux qui iront s’effondrer sur un banc avant qu’il ne soit minuit.

Nous entamons gentiment la bouteille de vodka en discutant, et le contact passe très bien. Vers 20h15, entendant du son en provenance du Summum, nous déduisons – finement – que le premier concert a débuté. Nous nous mettons donc en chemin, laissant la fin de la bouteille dans la voiture. Grave erreur.

Phase 2: ou ce qui m’a appris qu’il ne faut pas débarquer à 20h quand la musique qu’on aime ne commence qu’à 1h du matin

En effet, après avoir écouté la fin du premier concert – Fumuj, pas de quoi se taper le cul au plafond d’ailleurs, nous tentons de retourner à la voiture boire un petit verre. “Sortie définitive”, nous répond un des nombreux gorilles chargés de la sécurité. Bon ben on va rester alors, c’est demandé si gentiment.

Deuxième concert, Dub Trio. J’ai vraiment trouvé ça pourri, ça a bien failli me démotiver pour de bon d’ailleurs. Heureusement, à ce moment-là, Monique et Papy débarquent. L’occasion d’aller en fumer un petit dehors, à condition de rester dans la zone délimitée par le gang des primates. Au moins ils ne nous auront pas fait chier pour la weed.

Troisième concert, Asian Dub Foundation. J’ai beau retourner les faits dans tous les sens, le constat reste le même: mon machin que ça a mal vieilli. Pas de quoi s’éterniser sur le sujet, même si les quelques centaines de personnes embarquées dans un pogo endiablé devant la scène ne partagent probablement pas mon opinion.

Avec Papy et Monique, nous en profitons pour nous poser un moment dans les gradins. Je leur donne un taz à se partager, profitant du retour inopiné d’un ami parti à Amsterdam et rentré le matin même. Papy est pressé, ils s’enfilent donc chacun leur moitié sur-le-champ. Je préfère attendre d’être vraiment motivé, et Asian Dub n’y contribue clairement pas.

Aux alentours de minuit commence le quatrième concert, Hilight Tribe. Indescriptible. Je ne savais même pas qu’on pouvait sortir des sons pareils sans avoir recours à des ordinateurs, des platines ou n’importe quel autre équipement un tant soit peu évolué technologiquement.

Papy se réjouissait que je découvre la trance acoustique; je comprends mieux pourquoi. Entre le percussionniste déjanté et le phénoménal joueur de didjeridou, j’assiste à des performances musicales que je n’aurais jamais crues possibles. Je commence enfin à rentrer dans la soirée, et je choisis ce moment pour avaler un taz. Entier. Grave erreur.

Il est bientôt une heure du matin, et je commence soudainement à avoir chaud. Je sens déjà confusément ce qui va suivre; j’ai mis moins de vingt minutes à décoller, ce qui témoigne d’une ecsta beaucoup trop puissante pour être honnête. Sous prétexte d’aller aux chiotes, je m’éclipse rapidement pour aller me passer de l’eau sur le visage.

Je viens de vous décrire les 30 prochaines minutes de ma soirée.


Psy Battle – Get back

Posted in Festivals et événements avec des tags , on 11 octobre 2008 by The Psyminder

Je descends rapidement ma vodka-pomme histoire d’avoir les mains libres et retourne danser. Il y a désormais tellement de gens dans cette fournaise qu’il est difficile de trouver quelques mètres carré d’espace pour évoluer à son aise.

La troisième paire de DJs a pris possession des platines et est visiblement décidée à graver cette soirée au fer rouge dans les esprits. L’atmosphère est si électrique qu’elle en devient par moments difficilement supportable. Pour la première fois – la toute première, j’ai l’impression de passer inaperçu.

Les gens sont tous déchaînés; certains semblent frustrés que leur corps ne soit pas capable d’en faire plus pour exprimer les sensations que leur procurent les assauts démoniaques de deux virtuoses totalement noyés dans l’inspiration. Le temps se noie indiciblement dans un concert de vibrations que seule vient troubler une quatrième moitié, si prévisible il est vrai.

Sans vraiment m’en rendre compte, je me déplace au fur et à mesure que je repère des mouvements dans la foule. L’espace est une denrée toujours aussi rare, et le simple départ d’un couple peut créer une différence considérable pour votre liberté de mouvements.

Je me retrouve ainsi balloté de droite et de gauche, d’avant en arrière, essayant de garder les yeux ouverts mais les refermant avec un indescriptible plaisir, pour des plongées de plus en plus longues. Ma vue ne m’est à présent d’aucune utilité, et ma communion si précieuse avec le son s’opère dans des proportions incomparables lorsque toute mon attention n’est stimulée que par un seul sens: l’ouïe.

Je n’ai pas revu Melissa, et l’idée me traverse l’esprit un court instant: si j’allais m’assurer que tout va bien ? Fuck it, me réponds-je aussitôt, je suis pas un Saint-Bernard. Je suis venu pour bibi, pour ma pomme et pour celle de personne d’autre, alors au diable les défoncés. Chacun ses problèmes, merde.

La dernière demie heure n’est qu’un indicible moment d’extase. Léger comme l’air, libéré et euphorique, je lâche dans ce Psy Battle tout ce qu’il me reste à une heure pareille; à ma propre surprise, il en reste un max.

Mes membres jaillissent de mon corps a un rythme effréné, rebondissant sur chaque note, ricochant sur chaque basse, trouvant leur place dans les moindres recoins de l’air bouillonnant du Piment Rouge. J’ai chaud mais je me sens bien; à ma place. Serein. Mon style saccadé et épileptique commence à suinter par tous les pores de ma peau, incapable de sommeiller plus longtemps dans cet environnement qui lui convient à la perfection.

L’allumage des lampes sur le coup des 5 heures est une véritable douche froide. La musique continue, mais la luminosité soudaine est un supplice sensoriel. Je me dirige rapidement vers le bar, histoire de récupérer ma veste avant le mouvement de foule principal, et quitte les lieux. Aucune trace de Melissa ni de son copain, ce que j’interprète – à tort ou à raison – comme un signe qu’elle a réussi à gérer la situation.

Le retour chez moi, dont je me rappelle – c’est assez rare pour être souligné, s’effectue dans un brouillard laiteux. Je suis raisonnablement lucide, suffisamment du moins pour savoir que je dois avoir une tête à faire peur. Je croise quelques silhouettes en chemin, parfois incapables de dire s’il s’agit de gens déjà levés ou pas encore couchés.

A mon réveil le samedi, vers 13 heures, j’émerge difficilement. Pas la gueule de bois, mais cette sensation diffuse que 2 ou 3 ans de sommeil en plus n’auraient pas été superflus. Dans une certaine mesure, j’ai su gérer ma consommation et mon porte-monnaie, malgré l’absence d’un garde-fou genre Monique. Comme quoi, quand on veut…

Bref – j’adore placer un “bref” après une saga pareille, cette soirée a été absolument énorme. Pourtant, des trois soirées qui se trouvent sur ma liste, ce n’est clairement pas celle dont j’attendais le plus. J’avoue trouver cela extrêmement prometteur pour la suite des événements, qui recèle certainement son lot de surprises elle aussi. Alors oui, je sais: j’abuse, et bla et bla et bla…

J’assume. Quel pied.

Psy Battle – Get out

Posted in Festivals et événements avec des tags , on 11 octobre 2008 by The Psyminder

Melissa m’explique qu’elle ne sait plus quoi faire de son mec tellement il est déconnecté. Elle-même est fortement caisse; plus tôt dans la soirée, elle m’a expliqué que c’est généralement elle qui a la responsabilité de ramener les gens. Seulement ce soir, il était prévu qu’elle puisse se lâcher. Elle n’avait pas anticipé que les événements tourneraient comme ça.

Au bord de la crise de nerfs et à moitié en larmes, elle se jette dans mes bras. En les refermant sur elle, je réalise que ça fait vraiment trop longtemps que ça ne m’est pas arrivé. Fait chier. Je suis le genre de mec à aider les autres même quand ils n’en ont pas besoin, alors imaginez comment j’ai réagi dans une situation pareille. Je l’accompagne dehors en l’assurant que tout va bien se passer.

Qu’est-ce que j’en sais moi ? J’ai jamais eu à gérer un type défoncé à l’acide. Alors que nous gagnons la sortie, deux pensées me viennent à l’esprit avant que je puisse les censurer. La première, c’est que je suis vraiment le roi pour m’embarquer tout seul dans les galères: sur 150 personnes, je me retrouve à danser à côté de celle qui se retrouve en détresse.

La seconde, c’est que le courant passe vraiment bien avec Melissa et que je laisserais bien crever son copain plutôt que d’interrompre ma soirée pour lui. Ben oui c’est comme ça. Ca me gonfle déjà de sortir, mais si en plus les célibataires endurcis doivent gérer les copains agonisants des autres, ça devient limite abusé. Mais bon, je vais pas balancer ça à Melissa de but en blanc, surtout qu’elle n’en mène pas large.

Une fois dehors, on commence à chercher l’autre – je ne connais même pas son nom. Il titube à quelques mètres de là, son corps échappant totalement à son contrôle, son esprit visualisant la scène mais ne pouvant absolument rien faire pour l’influencer. C’est si flagrant que ça en est douloureux.

Je m’approche de lui et essaie de le calmer. Il est régulièrement pris de violents spasmes, semble sur le point de vomir mais se retient, semble sur le point de pleurer mais se ressaisit, semble sur le point de mourir et plutôt motivé par cette perspective. Tout, pourvu que ce cauchemar cesse.

Je me mets à lui glisser à l’oreille tout ce qui me passe par la tête. Je lui dis de visualiser des images positives, des scènes qui lui procurent du plaisir. Je le conforte sur sa force, sa résistance et son courage. Je l’assure qu’il va tenir le coup, parce que c’est un battant – je le force à le répéter. Je l’aide à respirer, répétant inlassablement “inspire, expire”. Je l’aide à s’asseoir sur un muret et réalise que Melissa a disparu.

Tout s’est passé très vite, et j’étais moi-même trop chéper pour analyser quoi que ce soit; pourtant, je peux assurer que je souffrais pour lui. Il essayait de parler, mais les mots ne franchissaient pas ses lèvres. Ça avait l’air de le rendre fou. J’ai connu ça sous LSD pendant la Street Parade 2007 – sans le bad trip cela dit – et je sais à quel point cette sensation est déroutante.

Pendant que je lui parle, je ne peux m’empêcher d’avoir l’esprit traversé par un certain nombre de réflexions. “Ça pourrait être toi dans quelques temps si tu ne t’imposes pas des limites. Ne dis pas que c’est un pauvre type parce que vous n’êtes pas si différents tous les deux. Et lui au moins il a une meuf”. Ça vire presque au dialogue de schizophrène.

Melissa revient enfin – en réalité, la séquence n’a pas duré plus de vingt minutes. Je ne sais pas où elle est allée et ne le lui demande pas, je suis juste content de pouvoir me sortir de là. Je marche à sa rencontre et elle se blottit une nouvelle fois contre moi. Elle essaie de me dire merci mais n’y arrive pas; la soirée a été trop dure émotionnellement.

Le regard dont elle me gratifie et les deux longs baisers appuyés qu’elle laisse sur ma joue, tout près de mes  lèvres, pour me dire au revoir, sont suffisamment évocateurs. J’interprète peut-être les choses de la façon qui me plaît le plus, mais je ne peux m’empêcher de penser que quelque chose s’est véritablement passé entre nous.

C’est une autre de mes grandes spécialités: rencontrer les filles avec lesquelles il ne peut rien se passer  et malgré tout réussir à leur taper dans l’œil, d’une manière ou d’une autre. Juste ce qu’il faut pour réaliser qu’avec celle-ci, ça aurait pu donner quelque chose de sympa, mais qu’une fois de plus ça ne se fera pas.

Je retourne à l’intérieur. Direction le bar et mon bol à mix.