Archive pour juillet, 2008

Amsterdam 2008: Jour 4

Posted in Blog Trotter avec des tags , , on 31 juillet 2008 by The Psyminder

Le rythme infernal tenu depuis notre arrivée commence à se faire ressentir. Le réveil est  plus long, plus difficile, et nous mettons plus de temps à démarrer (c’était déjà long au début alors imaginez maintenant). Nous décidons d’aller faire un tour en bateau sur les canaux d’Amsterdam, une activité parfaitement adaptée à notre énergie vacillante.

Le tour en bateau s’avère très agréable, d’autant qu’ils servent de la bière à bord. Visiblement atteinte physiquement, Monique roupille avec application du début à la fin (franchement Monique, tu exagères). Les explications distillées en plusieurs langues sont dans l’ensemble intéressantes, et j’acquière l’agréable certitude que cette fois je repartirai moins con que je ne suis arrivé.

En fin de journée, nous retournons acheter des champignons – une autre variété. J’avoue que leur aspect est peu ragoûtant. Nous rentrons les déguster à la péniche, et Papy me propose un concours de vitesse que je n’aurais évidemment jamais dû accepter. En l’espace de 60 secondes, nous avalons chacun 19 grammes de champignons verdâtres et filandreux.

Monique et Annick font preuve de plus de réserve. Annick finit néanmoins par jeter l’éponge et va se coucher, au bord du malaise et visiblement partie pour un sale quart d’heure. Ca n’aura pas traîné en tous cas. Papy, Monique et moi nous mettons ensuite en route pour le centre ville. Dans le métro, je suis à deux doigts de perdre totalement le contrôle en raison d’irrésistibles crises de fou rire.

Nous arrivons au 36, cet excellent Coffee Shop électro – le seul à ma connaissance. Nous nous installons à une table dans le fond, et je commence à me sentir mal. Mal comme rarement je l’ai été. Je me lève pour aller acheter de la weed. Vision d’horreur: quand le barman la pèse, j’ai l’impression de voir les têtes s’animer et se déplacer sur la balance.

Repoussant ce trip surhumain, je retourne m’asseoir mais n’y tiens bientôt plus. Je me lève et me précipite vers les toilettes. Quelqu’un vient visiblement d’y vomir et l’odeur est insoutenable. Je sors prendre l’air un moment. Tout va trop vite. Je suis parano. J’ai l’impression que les gens me regardent et que je vais me faire dérouiller au détour d’une ruelle. Je marche 30 secondes mais, craignant de me perdre, je retourne au 36.

Papy me tend un pétard, visiblement extra fort si j’en crois sa toux. J’attrape le stick mais ne sens pas son contact dans ma main. Je tire dessus, mais je ne le sens pas entre mes lèvres. J’exhale la fumée, mais je ne la sens pas remonter le long de ma gorge. Je suis complètement déconnecté du monde sensoriel, et je focalise toute mon attention sur ma respiration saccadée et anormalement rapide.

Voyant que ça ne passe pas, Monique lance un mouvement général. Je sens bien qu’il aurait préféré rester, mais Papy reste très classe et se lève sans un mot. Nous commençons à marcher à travers le Red Light District. Je ne sens pas mes jambes. Incapable de gérer un tel trip, j’annonce que je rentre; Papy me persuade de rester, non sans s’être copieusement foutu de ma gueule.

Je ne regrette pas de l’avoir écouté; quelques minutes plus tard, je redescends d’un palier et commence enfin à profiter de ma soirée. Nous marchons une bonne heure, passant devant les vitrines dans lesquelles se trémoussent des armées de bombes sexuelles offertes à la vue de touristes en chaleur. Je ne sens toujours pas mes jambes.

Nous finissons par prendre un taxi pour rentrer; nous nous arrêtons un peu avant la péniche “pour en fumer un dernier” – vous vous souvenez ? Je ne l’avais pas encore réalisé, mais la vue est à couper le souffle. De l’autre côté de l’Amstel se trouve une zone résidentielle aux superbes bâtiments de brique; le ciel, vierge de tout nuage, brille sous l’éclat d’une pleine lune époustouflante. La rivière à nos pieds réfléchit cette lueur vespérale dans un concert de silencieux miroitements.

Quand nous rentrons enfin, Annick dort; elle a visiblement traversé son désert et jouit à présent d’un repos bien mérité. Je m’allonge à côté d’elle et plonge rapidement dans un profond sommeil.

Blogeur sous ecstasy 3

Posted in Maître Chéper avec des tags on 27 juillet 2008 by The Psyminder

Cette sensation m’est familière et étrange à la fois. Normalement, quand je suis dans cet état là, c’est au milieu d’un festival. Je suis entouré de gens aussi chargés que moi et je peux passer plus d’une heure sans ouvrir  les yeux.

Seulement cette fois, je suis derrière mon clavier. Ou devant, ça dépend du point de vue. J’ai commencé à écrire il y a environ 3 heures, et je n’arrive pas à m’arrêter. Je fais des pauses pour rouler des pets, me servir à boire et danser dans mon appartement. J’écoute une de mes compils de psytrance personnelles, et j’ai l’étrange impression que mes doigts ne s’arrêteront de bouger que quand la musique cessera.

Estimation sur le pouce: j’ai encore deux bonnes heures de son devant moi.

Quand j’ai commencé ce blog, j’ai expliqué que je lui vouais certaines vertus thérapeutiques. Elles se confirment ce soir. Ca fait maintenant 5 semaines que je passe mes week-ends chez moi à cause de ce putain de pied pété. A force de tourner en rond dans cet appartement, il fallait bien que ça pète un soir ou l’autre.

J’avais envie de parler ce soir. Seulement voilà: motricité réduite et orages titanesques en ont décidé autrement. Une autre soirée de solitude. Au niveau des publications, c’était visiblement celle de trop. J’évolue dans une sorte de cocon imperméable aux éléments extérieurs; mon champ visuel se résume aux touches sous mes doigts, et mes oreilles ne perçoivent que le son diabolique en provenance des enceintes.

J’ai totalement perdu la notion du temps. Ce qui ne devait être qu’une petite séance d’écriture s’est transformé en véritable marathon. J’ai essayé d’aller me coucher, mais je continue à bouger. Alors je reviens devant mon clavier, et je ne peux pas m’empêcher de taper. J’en ai besoin. Je dois rester en rythme avec la musique. Mais tout va trop vite.

Hallucinogen – Trancespotter. Et si j’en roulais un autre.

Blogueur sous ecstasy 2

Posted in Maître Chéper avec des tags on 27 juillet 2008 by The Psyminder

Monique.

J’ai très envie de vous parler de Monique, pour deux raisons principales:

  1. J’adore Monique.
  2. Monique sait que quand je suis chéper, je suis très affectueux et je clame haut et fort mon amour pour les gens qui m’entourent (si ce sont des gens que j’aime hein quand même).
  3. Monique sera la première à rigoler de ce qui va suivre (tiens, y avait 3 raisons en fait).

Monique, je la connais depuis 18 mois environ.  Et je l’aime depuis le premier jour.

D’accord, mon référentiel est fortement biaisé: quand on est allés fumer notre première clope ensemble (et oui, Monique travaille avec moi, on a commencé quasiment en même temps), elle m’a lancé un très innocent: “mais euh… tu sais où on peut choper de la weed ici?”. Et oui, Monique venait d’arriver.

Cette question, vous en conviendrez, est tout ce qu’il y a de banal. Pourtant, dans ma vie, il y a très clairement un “avant cette question” et un “après cette question”. Je suis un être assez primaire: si vous et moi avons au moins un point commun, je vous considère comme un ami potentiel.

J’ai donc commencé à passer du temps avec Monique. Beaucoup de temps, vu qu’elle et Papy – ne l’oublions pas – ne connaissaient pas grand monde à part moi. A force de discuter, on s’est rendus compte qu’on avait pas mal de choses en commun. Enfin, pour être honnête, ils avaient pas mal de choses qui me faisaient rêver et que je voulais partager avec eux.

Leur amour de la teuf. Leur gentillesse. Leur générosité. Leur simplicité. Leur optimisme. Leur enthousiasme. Leur motivation. Leur capacité à toujours profiter de l’instant présent, avec le sourire, en sachant que si ça craint aujourd’hui, ça ira mieux demain.

Comme je bosse avec Monique, je passe plus de temps avec elle qu’avec Papy. On discute beaucoup, du boulot et de nos vies, des bons côtés et des galères, des espoirs et des craintes. Parce qu’avec Monique, communiquer c’est facile. C’est rare de trouver quelqu’un avec qui on fonctionne sans la moindre censure. Monique est cette personne-là pour moi.

Quand je discute avec Monique, j’apprends beaucoup. Elle a beaucoup voyagé Monique, elle a eu plein de boulots différents, elle a connu un nombre incalculable de gens et elle est vraiment intelligente. C’est la première vraie chéper que j’ai rencontrée, mais c’est en même temps la femme la plus impressionnante que je connaisse, professionnellement et personnellement.

Monique, elle sait ce qu’elle veut. Monique, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Monique, elle peut se mettre la tête à l’envers au premier festival qui passe, mais au bureau elle assure. Sauf les matins où elle dégueule en arrivant parce qu’elle a trop bu la veille. A part ça (et ça n’arrive pas si souvent), son efficacité et ses compétences me laissent réellement admiratif.

Monique, elle m’a aussi appris que ce n’est pas en se plaignant tout seul dans son coin qu’on fait avancer les choses. Monique, quand ça va pas, elle le dit. “J’aime pas les Cosette”, dirait-elle entre deux bouteilles de pastis. Toujours la bonne phrase au bon moment, Monique.

Monique, elle est attendrissante. C’est la fille la plus gentille du monde. Pleine de bonne volonté. Toujours animée par de bons sentiments. Seulement… le pouvoir de Double Main Gauche ne peut être contenu indéfiniment, et Monique finit toujours par gaffer. C’est aussi pour ça qu’on l’aime, Monique.

Monique, c’est quelqu’un de responsable. Aussi surprenant que ça puisse paraître (ben oui, elle était quand même là dans tous les trips que j’ai rapportés ici), c’est clairement la plus sage des trois (Papy, elle et moi). Elle sait que depuis Transahara je ne suis plus le même. Elle sait que j’a mis le doigt dans un engrenage auquel je ne demande qu’à céder. Alors Monique elle veille sur moi.

Elle surveille ma consommation. Elle me suggère que peut-être, aller à Hadra tout seul avec un pied pété c’est le premier signe de la chépéritude chronique. Si elle était à côté de moi en ce moment, elle me dirait sûrement: “tu pousses le bouchon un peu loin Maurice”. Deux pilous, pas plus. Je suis raisonnable.

Monique, elle va s’en aller. Ben oui, c’est le moment nostalgique de la soirée. Je serre les dents. Monique va quitter la boîte, pour différentes raisons toutes extrêmement valables (pas moyen de la vaner là-dessus du coup). Alors même si c’est peut-être un peu prématuré, je vais me risquer à un petit bilan.

Ce qui aura changé pendant le passage de Monique:

  • Quand on a un problème, on en parle. Mais à la personne concernée, pas au reste de la boîte.
  • On peut tout à fait être efficace même en organisant 3 apéros par semaine.
  • On peut faire visiter son bureau à un prospect même avec 5 bouteilles de pastis vides sur son étagère.
  • La joie n’est pas une humeur: c’est un mode de vie.
  • Avec du caractère et de la persévérance, tout est possible.

Et ce qui précède ne rend pas hommage à la moitié de ce que cette boîte lui doit.

Monique, je l’aime et je l’aimerai toujours. Pas de ces sentiments qui dépendent d’un contexte ou d’un coup du sort, mais bien des sentiments que l’on éprouve envers quelqu’un qui vous correspond vraiment. Quelqu’un avec qui vous êtes si profondément en phase que vous avez l’impression de le connaître depuis toujours. C’est du moins comme ça que je perçois mon côté de la relation.

Tout ce qui précède vaut aussi pour Papy. J’en ai moins parlé, mais il m’est tout aussi cher. La force tranquille. Le roc paisible et imperturbable. La présence rassurante en toutes circonstances. Le dernier rempart contre le côté Chéper de la Force, souvent démonté mais jamais terrassé. Un véritable viking des temps modernes – un viking balèze en affaires cela dit.

Bref – façon de parler – Monique va quitter la boîte, et je suis triste. Je m’y attendais, elle en parlait depuis longtemps, mais ça fait quand même quelque chose. Je sais bien que je vais continuer de la voir, mais désormais il y aura toujours un vide à combler lors des pauses redbull-clope de l’après-midi.

Tu cartonnes Monique, et je t’aime. Grüss grüss.

Blogueur sous ecstasy 1

Posted in Maître Chéper avec des tags , on 27 juillet 2008 by The Psyminder

Je ne sais plus comment ça m’est venu, mais j’ai un jour fait un constat assez surprenant: à ma connaissance, je suis le seul chéper de la famille. Quand je me compare au reste de ma famille, et que j’analyse son parcours à travers les générations, mon arrivée dans l’arbre généalogique a quand même dû bouleverser un certain nombre de statistiques.

Mes arrière-grands-parents étaient des gens très modestes – mais je n’en sais pas beaucoup plus. Mes grands-parents se sont distingués dans la Résistance pendant la deuxième Guerre Mondiale, et ont ensuite mené des carrières brillantes. Mon grand-père paternel notamment est un personnage fascinant, qui a élevé ses quatre enfants avec honnêteté, bonté et succès.

J’ai déjà parlé de mon père. Ma mère était également une personne brillante et incroyablement généreuse. Ironie du sort, elle a travaillé bénévolement de longues années dans l’établissement qui l’a plus tard vue rendre son dernier souffle. Mon frère est un génie. Diplômé de l’Ecole Polytechnique et ingénieur hors pair, il est un modèle de sérieux et de discipline. Droit comme la justice en toutes circonstances, et presque pur comme au premier jour.

Et puis il y a moi. Et là il se passe quelque chose de bizarre. Dans la mesure où mon frère et moi avons grandi ensemble et reçu la même éducation, on peut penser que ce sont nos expériences respectives qui ont le plus contribué à façonner nos différences. Cela dit, je n’arrive pas à comprendre à quel moment j’ai bifurqué dans la voie qui est la mienne aujourd’hui.

Je me souviens de ma première clope. C’était un week-end à la montagne, j’avais 14 ans. Je passais une soirée pourrie, je déprimais et j’ai fumé, alors que j’étais un anti-tabac convaincu depuis toujours.

Je me souviens de mon premier joint. C’était un Nouvel An à la montagne, j’étais bien éméché et j’ai fumé, alors que j’étais un anti-cannabis convaincu depuis toujours.

Je me souviens de mon premier rail de coke. J’étais dans la voiture d’un ami, il en avait acheté un peu pour tester mais il hésitait à le faire tout seul. J’étais bien éméché et j’ai sniffé, alors que j’étais un anti-coke convaincu depuis toujours.

Je me souviens de ma première ecsta. J’étais en boîte avec un pote, dans un des seuls lieux alternatifs de la ville, pour une soirée drum’n'bass. Il m’en a proposé une. J’étais bien éméché, je l’ai gobée, alors que j’étais un anti-ecstasy convaincu depuis toujours.

Je me souviens de ma première tablette de LSD. C’était au cours d’une rave géante au bord d’un lac, j’étais avec un ami et j’ai avalé ce truc sans même savoir ce que c’était, alors que j’étais un anti-drogues inconnues convaincu depuis toujours.

Je me souviens de mon premier rail de speed. C’était à la même rave, pour compenser la descente de LSD. J’étais encore bien chéper, j’ai sniffé, alors que j’étais un anti-mélange de drogues convaincu depuis toujours.

Je me souviens de mon premier MDMA. C’était avec Papy et Monique avant d’aller en boîte. J’étais chaud comme la braise et bien éméché, et je l’ai gobé, dans la mesure où ça ne change plus grand chose à ce stade.

J’en arrive donc à ma question: à quel moment ai-je dévié du modèle parental droit, sérieux et discipliné pour endosser le costume de chéper qui est le mien aujourd’hui? Comment suis-je devenu cette instable machine à teufer, capable de danser 10 heures de suite avec un pied pété et prêt à tous les sacrifices pour peu que le décollage en vaille la chandelle?

Honnêtement, je n’en sais rien. Je pense que la vraie question est: où se situe la limite? Depuis mes 14 ans, je n’ai cessé de franchir des paliers d’intensité. Je recherche aujourd’hui les substances que je considérais comme dangereuses et inutiles à l’époque. Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours en quête d’un nouvel Everest. Et je constate que cette évolution est étroitement liée à la musique.

J’ai toujours réagi au son. Je vis pour et par la musique, pour et par les vibrations. Mon humeur quotidienne est définie par ce que j’écoute. La teneur de mes textes dépend de la volonté des DJs. Depuis quelques mois, ça a pris une dimension presque effrayante. Je vis au rythme de la psytrance du matin au soir, et mes projets à long terme ne dépassent pas la date du prochain festival. Pour l’année 2008, vous savez à quoi ont servi les jours de vacances que j’ai pris? Transahara et Amsterdam.

Je ne sais pas combien de temps ce voyage va durer. J’ai un certain nombre de souvenirs qui m’empêchent de dormi depuis pas mal d’années maintenant; je pense que j’ai attaché beaucoup trop d’importance à des choses qui n’en valaient pas la peine. Je suis stressé et crevé depuis des années. J’ai vraiment besoin d’un break. M’éloigner de tout ça, arrêter de me projeter dans l’avenir et vivre le moment présent.

Triste ou pas, c’est comme ça: les festivals et les drogues me procurent des sensations que je n’aurais jamais crues possibles. En une demie-journée à Transahara, j’ai eu l’impression de rajeunir de 10 ans. Pour la première fois depuis 2003, j’ai passé plus de 24h sans penser à ma mère. Pour la première fois depuis 2003, je me suis endormi en moins d’une heure.

Alors oui, je connais déjà le couplet sur la santé et l’impact des drogues de synthèse sur le cerveau. J’en suis bien conscient. Là encore, l’ironie s’est invitée dans le tableau: c’est une phrases que mon père prononçait souvent qui dicte ma conduite aujourd’hui.

Quand on partait en vacances en famille, mon père nous faisait voyager en première classe. Quand ma mère lui faisait remarquer que c’était quand même pas donné, il répondait: “le bon temps qu’on prend maintenant, on le rendra jamais”. Quand ma mère est partie,  je pense qu’on avait tous cette phrase gravée au fer rouge dans la chair.

Le bon temps que je prends aujourd’hui, je ne le rendrai jamais. Il y a 8 mois, un ami à moi est mort dans un accident de la route. Il y a 4 mois, un ami à moi est mort dans une embrouille à la sortie d’une discothèque. Demain, je peux me faire ramasser en moto par un 36 tonnes et disparaître de la circulation – au propre comme au figuré.

Alors oui, c’est le scénario pessimiste. Les phrases du type “vis chaque jour comme si c’était le dernier” m’ont toujours profondément gonflé. Je pense au contraire qu’il faut soigneusement choisir les jours que l’on vivra “comme si c’était le dernier”. Mais une fois que l’on a fait son choix, on pousse le trip jusqu’au bout.

J’ai légèrement perdu le fil de ma pensée au cours de la soirée. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. C’est juste que de temps en temps, ça fait du bien de vider son sac, peu importe ce qu’il contient. J’ignore totalement si ce qui précède vous parle ou non. Et en définitive, il faut bien admettre que cela non plus n’a guère d’importance.