Paléo: la grande imposture (1/2)

Je me dois de précéder ce billet d’un avertissement : je m’apprête à cracher sans retenue sur le Paléo Festival de Nyon, dont le seul nom est devenu pour moi synonyme de médiocrité, de suffisance et de consternante banalité. Je ne prétends donc pas décrire ce festival tel qu’il est, mais bien tel que je le perçois.

Si vous êtes fan du Paléo, vous ne serez jamais d’accord avec ce qui va suivre ; vous allez même vraisemblablement être outrés, choqués, atterrés et profondément énervés contre moi. Libre à vous de lire cet article ou de l’ignorer : dans tous les cas, vous êtes prévenus.

Pour expliquer ma position vis-à-vis du Paléo, je commencerai par mentionner un élément d’importance sur lequel les organisateurs n’ont aucun contrôle : mes goûts musicaux.

Je ne suis pas exactement ce que l’on pourrait appeler la cible idéale. Amoureux depuis des années de toute forme de musique qui cogne et qui vibre (goa, hardcore, psytrance…) je trouve rarement mon bonheur dans la programmation du Paléo.

Pendant quelques temps, cela ne m’a néanmoins pas empêché de prendre beaucoup de plaisir à m’y rendre : l’ambiance, le côté convivial en dépit de la foule, la douceur d’une soirée d’été ou la fraîcheur d’une bonne bière partagée avec des amis, tous ces éléments contribuaient à faire du Paléo un rendez-vous incontournable chaque année, même pour un barbare sonore tel que moi.

D’autant qu’à cette époque (pas si lointaine), la programmation avait une autre allure. Chaque soir offrait son lot de stars de dimension internationale, et les têtes d’affiche se renouvelaient d’une année sur l’autre ! Mais un succès grandissant et une popularité transcendant les frontières ont visiblement eu raison de ces années d’or.

Petit retour en arrière : nous sommes en avril 2007, la billetterie va bientôt ouvrir. Le site du Paléo est saturé depuis des heures par des hordes de festivaliers sauvages appuyant compulsivement sur la touche « rafraîchir » de leur navigateur, et des centaines de personnes s’agglutinent devant les points de vente physiques, recréant avec un réalisme stupéfiant toute la dynamique d’un banc de morses en pleine digestion.

En moins de 4 heures, quatre soirées sur six affichent « sold out ». Pour les malheureux qui n’ont pu établir de connexion sur le site ou qui n’avaient pas de grand-mère à envoyer faire la queue à la FNAC, il ne reste plus que la déprimante perspective d’acheter son billet sur place, au noir et à des tarifs défiant largement les prix actuels du baril de brut.

Et pourtant. A bien y regarder, on ne peut que s’interroger sur ce qui suscite un tel engouement populaire. La programmation ressemble fortement à celle de 2005, qui ressemblait déjà fortement à celle de 2003. Le nombre de stars internationales à chuté de moitié, cédant la place à de sympathiques bipèdes organisés en groupes improbables dont les premiers pas sur scène auraient en temps normal eu lieu dans la salle des fêtes de l’auberge communale la plus proche.

Malgré tout, la ruée vers les billets semble plus acharnée chaque année, et les précieux sésames ouvrant les portes du festival disparaissent à la vitesse d’un pet dans le vent. Pourquoi ?

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