Archive pour juin, 2008

Amsterdam 2008: Jour 2

Posted in Blog Trotter avec des tags , , , on 30 juin 2008 by The Psyminder

Réveillés vers 14h, nous réalisons que nous n’avons pas grand chose à manger. Malgré les quelques courses que j’effectue avec Papy, le brunch se compose principalement de blanche et de weed. Nous sortons ensuite profiter des Coffee Shop, et accessoirement visiter un peu la ville (ben oui quand même). Nous passons notamment par le Jolly Joker et le 36, deux établissements que je recommande vivement.

Nous rentrons ensuite regarder France-Hollande à la télé. Comme je l’expliquais dans mon post précédent, nos chambres se situaient sur une péniche; une fois la porte d’entrée passée, un escalier descendait (de façon beaucoup trop raide vu notre sens de l’équilibre en fin de soirée) jusqu’aux chambres, chacune d’elles comportant une petite mezzanine.

L’ensemble de l’appartement se trouvait donc sous le niveau de l’eau, mais les fenêtres des mezzanines donnaient, elles, juste au-dessus. C’est ainsi que nous avons fait la connaissance de Ducky (Moby Duck pour les intimes). En effet, devant les fenêtres d’une des mezzanines se trouvait une petite plate-forme en bois offrant une interface de communication canard-chéper extrêmement efficace.

Nous partageons donc fraternellement avec Ducky le fromage, les biscuits et le saucisson (et oui, les soirs de match c’est souvent de la grande gastronomie); une fois gavé, Ducky retourne vaquer à ses occupations, l’estomac un peu déglingué selon moi. La victoire de la Hollande nous accable un peu mais promet une folle ambiance dans les rues d’Amsterdam.

Sur le coup des 1h du matin, nous nous dirigeons vers une autre boîte dont le programme annonce de la psytrance. Nous avions également une soirée à une vingtaine de kilomètres du centre (soirée exceptionnelle visiblement) mais les problèmes logistiques nous ont dissuadés.

Arrivés dans la boîte, c’est une petite douche froide. Le son est bon mais la boîte est petite, et vide. Au bout d’une heure, nous décidons de retourner dans la boîte de la veille. Manque de bol, nous tombons sur une soirée all styles qui me donne encore la nausée quand j’y repense. Un carnage sonore dont l’impact psychologique a été profondément traumatisant.

Nous retournons donc finir la soirée dans la boîte de départ. Il est bientôt 5 heures, et nous retrouvons là-bas des déchets dans un état de décomposition avancée. Des types tellement déchirés que je peine à comprendre comment ils tiennent encore debout.

Je ris intérieurement en imaginant l’état dans lequel ils se réveilleront le lendemain, d’autant plus que je connais parfaitement cet état et ses conséquences. Le vieux et phénoménal barbu qui était déjà là en début de soirée est toujours au taquet, et son style inimitable continue de hanter mes rêves les plus fous.

Le retour se fait cette fois en taxi; la leçon de la veille a visiblement porté ses fruits, du moins pour ceux qui s’en souviennent. Personnellement, le retour à pieds me tentait pas mal. En effet, une nouvelle fois, force est de constater que je suis encore en pleine montée extatique alors que la soirée arrive à son terme. La surconsommation est décidément présente à tous les maillons de la chaîne alimentaire.

Nous nous couchons vers 6h (peut-être; le temps est une notion très vague pour qui dort le jour et se défonce la nuit), là encore après avoir fumé tant qu’il était humainement possible de le faire. Dans quelques heures, nous nous lèverons pour aller au Amsterdam Tourist Festival; une odeur de champignons flotte déjà dans l’air.

Amsterdam 2008: Jour 1

Posted in Blog Trotter avec des tags , , , on 29 juin 2008 by The Psyminder

Je sais déjà ce que vous allez dire: chaque fois que je pars en vacances, c’est le festival du chéper pendant des journnées entières. Que voulez-vous, quand on n’a que 4 semaines de vacances par an, il faut maximiser le ROI de chacune d’elles (désolé, déformation professionnelle passagère).

Je suis donc parti du 12 au 16 juin dernier à Amsterdam, en compagnie de Papy et Monique (who else?) et de leur amie québécoise Annick. C’était son premier voyage en Europe, et elle n’a découvert que relativement tard où nous l’emmenions. Heureusement, vu le personnage – je l’ai découvert au fil des jours – il était évident que cette ville l’accueillerait à bras ouverts, et inversement.

Papy, Annick et moi sommes arrivés en avion sur le coup des 20h30. Monique arrivait par le train aux alentours de minuit. Le temps de poser les bagages à l’hôtel – une sorte de petit appartement aménagé dans une péniche sur l’Amstel, nous sommes partis faire les courses. Nous avions un contact sur place censé nous faciliter considérablement la tâche.

Au bout du compte, le shopping a été plus long et compliqué que prévu. Annick, Monique et moi en avons profité pour visiter le premier Coffee Shop du séjour, qui ne restera dans nos mémoires que pour son total manque de sytle et d’intérêt. Néanmoins, vers 1h du matin, nous étions tous les 4 réunis à l’hôtel, surexcités par la perspective de ce séjour dantesque et appliquant à la lettre les règles de la circulation françaises: un trait = danger, deux traits = sécurité.

Vers 2 heures du matin, nous sommes partis renifler en direction d’une boîte qu’un ami nous avait recommandée: le Club 11. C’était mon deuxième passage à Amsterdam; le premier date de 2003, et à l’époque je n’avais vécu que la partie Coffee Shop. Aucune sortie nocturne. J’étais donc à des kilomètres d’imaginer ce qu’on peut trouver à Amsterdam, à condition de savoir où chercher.

Descendant du taxi, nous pénétrons dans un immeuble dont l’aspect extérieur ressemble plus à un squat qu’à une boîte. Au milieu d’un long couloir, un premier guichet nous attend pour payer l’entrée. Un virage et quelques mètres plus loin, un second guichet: le vestiaire. Une dernière ligne droite, et nous tombons sur une large porte à double battant, qui s’avère être un ascenseur.

Les portes s’ouvrent après quelques secondes d’attente. A l’intérieur, deux jeunes s’occupent d’effectuer les trajets qui permettent aux gens d’entrer et sortir de la boîte. Ils sont également chargés de ravitailler le bar en cours de soirée. Ils ont avec eux une chaîne hifi qui diffuse de la trance, et une quantité respectable d’alcool. La montée dure une bonne trentaine de secondes; les parois sont entièrement recouvertes de grafitis aux couleurs psychédéliques.

Arrivés en haut de l’immeuble, le spectacle est à couper le souffle. La vue sur Amsterdam est imprenable. Une nouvelle porte à double battant se dresse devant nous; nous la poussons, et tout bascule. Derrière ces épaisses portes s’étend une salle gigantesque et pleine à craquer. Deux podiums sont dressés sur le floor, le bar occupe toute la longueur de la salle, et sur les murs s’enchaînent de spectaculaires effets visuels orchestrés par des Vjs de grande classe.

Premier pilou. La musique est excellente, tout se déroule parfaitement. Quand soudain la musique change; plus “hollandaise”, d’après Papy. Moi en tous cas, ça me coupe un peu dans mon élan. J’attends, dépité, la deuxième montée d’adrénaline. je vais voir Papy. Deuxième pilou. Au même moment la musique change à nouveau, et reprend un rythme qui me parle beaucoup plus. La fin de la soirée est exceptionnelle, faite d’irrésistibles montées de chaleur et de vibrations acoustiques affolantes.

C’est à pied que nous ferons le chemin du retour (environ 90 minutes, semble-t-il). Personnellement, je n’ai pas vu le temps passer. Traverser le Red Light District quasiment désert, complètement chéper et hors de portée du monde réel, a véritablement été une expérience très particulière. Le vent frais qui soufflait à ce moment-là était par ailleurs un véritable régal compte tenu de ma température corporelle. Arrivés au bateau, nous achevons notre descente avec quelques pétards de circonstance. Il est près de 8h du matin quand nous allons nous coucher.

Le séjour s’annonce très, très bon.

Paléo: la grande imposture (2/2)

Posted in Festivals et événements avec des tags , , , on 28 juin 2008 by The Psyminder

Parce que le Paléo est célèbre.

Parce que le Paléo est un des plus grands festivals d’Europe.

Parce que le Paléo est devenue une telle institution que ne pas y aller est aujourd’hui considéré comme un échec social, voire comme le signe annonciateur de troubles psychologiques profonds et incurables.

Parce que le Paléo est le Paléo. Et c’est là que je sors de mes gonds.

La célébrité et la popularité de ce festival sont devenues telles que les organisateurs n’ont plus d’efforts à fournir pour attirer les gens. Quelle que soit la programmation, le succès est assuré, ne serait-ce que grâce aux différents éléments que je mentionnais plus haut (le côté convivial, en plein air, détendu…).

J’imagine la joie que ce constat a dû procurer aux organisateurs. Rendez-vous compte : il est désormais possible de remplir le festival pendant 6 jours tout en réalisant des économies phénoménales sur le cachet des artistes ! De plus, comme bon nombre d’entre eux en sont à leur 47ème participation, plus besoin de négocier pendant des heures !

A titre de comparaison, je voudrais vous présenter le Greenfield Festival qui a lieu en juin à Interlaken. Le style musical est complètement différent puisqu’il s’agit d’un festival orienté métal/punk, mais la différence ne s’arrête pas là. Le Greenfield n’en est qu’à sa quatrième édition (contre 33 pour le Paléo) et a attiré 75′000 personnes l’année dernière (contre 225’000 pour le Paléo, qui dure toutefois 2 fois plus longtemps).

Jetez maintenant un œil à la programmation : Linkin Park, Offspring, NOFX, In Flames, Sick of it all, Apocalyptica, Rise Against et bien d’autres. Depuis sa création, le Greenfield a également accueilli Marilyn Manson, Queen of the Stone Age, Slayer, System of a Down, Greenday ou encore Pennywise.

Si cet univers musical ne vous est pas familier, je comprends que la liste ci-dessus ne vous fasse pas frémir. Pour celles et ceux qui connaissent un minimum le monde du métal et du punk, il y a de quoi tomber à genoux et remercier le ciel qu’un festival soit capable de réunir des artistes pareils. Un festival plus petit que le Paléo. Un festival plus jeune aussi, qui n’a pas encore fait ses preuves.

Un festival dont les organisateurs ont compris que le véritable intérêt de ce type d’événements n’est pas de pulvériser chaque année le record de visiteurs, mais de procurer aux passionnés de musique de véritables expériences sensorielles qu’ils ne vivraient pas ailleurs. Avec tout le respect dû à la chanson française, si je veux voir Etienne Daho ou Vanessa Paradis, je n’ai pas besoin d’un festival international pour ça ; ce sont des artistes locaux.

La Suisse est si souvent oubliée lors des tournées des grands groupes internationaux que les événements de la taille du Paléo sont la seule occasion pour nous de les voir. Au lieu de ça, nous devrons nous contenter de Solange la Frange, Caribou, Thomas Dutronc ou Nicolas Fraissinet. Et pourtant, 4 heures après l’ouverture des billetteries, 4 soirs sur 6 sont déjà complets.

Certes, de plus gros calibres comme Ben Harper, REM ou Massive Attack seront de la partie ; dommage qu’ils soient déjà tous venus (au moins) une fois, et que leur charisme souffre du vente de réchauffé qu’ils font souffler sur la plaine de l’Asse.

Pour moi, Paléo est devenu le Facebook du monde réel : tout le monde y va parce qu’il faut y aller, mais rien ne justifie qu’on en fasse une telle histoire.

Je vous avais prévenu que j’allais cracher sur le Paléo.

Paléo: la grande imposture (1/2)

Posted in Festivals et événements avec des tags , , , on 27 juin 2008 by The Psyminder

Je me dois de précéder ce billet d’un avertissement : je m’apprête à cracher sans retenue sur le Paléo Festival de Nyon, dont le seul nom est devenu pour moi synonyme de médiocrité, de suffisance et de consternante banalité. Je ne prétends donc pas décrire ce festival tel qu’il est, mais bien tel que je le perçois.

Si vous êtes fan du Paléo, vous ne serez jamais d’accord avec ce qui va suivre ; vous allez même vraisemblablement être outrés, choqués, atterrés et profondément énervés contre moi. Libre à vous de lire cet article ou de l’ignorer : dans tous les cas, vous êtes prévenus.

Pour expliquer ma position vis-à-vis du Paléo, je commencerai par mentionner un élément d’importance sur lequel les organisateurs n’ont aucun contrôle : mes goûts musicaux.

Je ne suis pas exactement ce que l’on pourrait appeler la cible idéale. Amoureux depuis des années de toute forme de musique qui cogne et qui vibre (goa, hardcore, psytrance…) je trouve rarement mon bonheur dans la programmation du Paléo.

Pendant quelques temps, cela ne m’a néanmoins pas empêché de prendre beaucoup de plaisir à m’y rendre : l’ambiance, le côté convivial en dépit de la foule, la douceur d’une soirée d’été ou la fraîcheur d’une bonne bière partagée avec des amis, tous ces éléments contribuaient à faire du Paléo un rendez-vous incontournable chaque année, même pour un barbare sonore tel que moi.

D’autant qu’à cette époque (pas si lointaine), la programmation avait une autre allure. Chaque soir offrait son lot de stars de dimension internationale, et les têtes d’affiche se renouvelaient d’une année sur l’autre ! Mais un succès grandissant et une popularité transcendant les frontières ont visiblement eu raison de ces années d’or.

Petit retour en arrière : nous sommes en avril 2007, la billetterie va bientôt ouvrir. Le site du Paléo est saturé depuis des heures par des hordes de festivaliers sauvages appuyant compulsivement sur la touche « rafraîchir » de leur navigateur, et des centaines de personnes s’agglutinent devant les points de vente physiques, recréant avec un réalisme stupéfiant toute la dynamique d’un banc de morses en pleine digestion.

En moins de 4 heures, quatre soirées sur six affichent « sold out ». Pour les malheureux qui n’ont pu établir de connexion sur le site ou qui n’avaient pas de grand-mère à envoyer faire la queue à la FNAC, il ne reste plus que la déprimante perspective d’acheter son billet sur place, au noir et à des tarifs défiant largement les prix actuels du baril de brut.

Et pourtant. A bien y regarder, on ne peut que s’interroger sur ce qui suscite un tel engouement populaire. La programmation ressemble fortement à celle de 2005, qui ressemblait déjà fortement à celle de 2003. Le nombre de stars internationales à chuté de moitié, cédant la place à de sympathiques bipèdes organisés en groupes improbables dont les premiers pas sur scène auraient en temps normal eu lieu dans la salle des fêtes de l’auberge communale la plus proche.

Malgré tout, la ruée vers les billets semble plus acharnée chaque année, et les précieux sésames ouvrant les portes du festival disparaissent à la vitesse d’un pet dans le vent. Pourquoi ?