Météo Vie

Posted in Maître Chéper avec des tags , on 10 février 2010 by The Psyminder

Je parviens enfin à extraire ma tête et mon buste de cet étang. De ma bouche grande ouverte ne sort aucun son, mes poumons et ma gorge semblant totalement obstrués.

Une algue géante m’enserre la taille. Alors que je lutte pour m’en défaire, je ressens un violent choc dans le dos. Un hurlement déchirant jaillit enfin de ma poitrine alors que j’achève de dénouer la prise insidieuse du végétal.

Je rampe hors de l’eau et reprend mon souffle, puis contemple le paysage: tout est flou autour de moi. Je perçois  des sons rocailleux portés par le vent mais ne parviens à en extraire aucun sens.

Je commence à ramper, lentement. Faiblement. Sans but. Le brouillard est si dense.

Au bout d’un temps que je suis incapable d’évaluer, le tissu laiteux qui m’enrobe depuis la berge se déchire enfin. Le sol rocailleux fait place à une herbe rase dont la rosée tardive brille encore sous les premiers rayons d’un soleil hésitant.

Je me relève soudainement, empli d’une énergie nouvelle.

D’un pas encore incertain, je reprends ma route. Les objets se font plus nets autour de moi, tout comme les sons. La confiance que ce constat insuffle en moi commence à libérer les mots jusqu’ici prisonniers de mes lèvres.

Il se passe définitivement quelque chose.

Au fil des kilomètres, l’herbe s’épaissit. Elle est désormais d’un vert vif et, par endroit, couverte de fleurs sauvages aux couleurs chatoyantes. Le soleil brille avec éclat dans un ciel vierge de tout nuage.

Au milieu des plaines émoustillées par la caresse du vent se dresse soudain une forêt de magnifiques arbres fruitiers. Je m’y enfonce profondément, profitant de son ombre rafraîchissante et des innombrables chants d’oiseaux qui se répercutent entre ses branches.

Je ressors de l’autre côté de la forêt pour me trouver face à un fleuve tumultueux. Il coupe l’horizon dans le sens de la largeur, à perte de vue de part et d’autre. Je n’ai d’autre choix que de le traverser, et cette perspective ne me réjouit guère.

Sur l’autre rive, je suis incapable de dire s’il fait beau ou non. Mes yeux voient tour à tour le soleil briller et les éclairs déchirer l’horizon. Le vent m’apporte la chaleur de l’été avant de m’envelopper d’un courant hivernal glacial.

Il se passe définitivement quelque chose.

Sitôt le fleuve traversé, mes impressions se confirment. Le climat ne cesse de changer, évoquant successivement l’enfer et le paradis.

Des orages inouïs de violence se déchaînent à intervalles irréguliers, suivis d’éclaircies ou de longues périodes ensoleillées. Les écarts de température vont en s’amplifiant.

Les bruits redeviennent confus, et je perds progressivement le sens de l’orientation.

Au-dessus de moi, des nuages de plus en plus noirs forment une couche oppressante que le soleil ne parvient désormais plus à percer.

Le dos courbé, je progresse péniblement sur un sol de rocaille poussiéreuse. L’air est lourd, comme chargé de souffre. La terre est en train de mourir et m’entraîne avec elle.

Un phénoménal coup de tonnerre fait brusquement gronder la terre avec la violence d’un séisme, immédiatement suivi d’un orage diluvien qui noie le paysage en l’espace de quelques secondes.

Le choc est apocalyptique. Mon corps vibre à tel point qu’il semble sur le point d’exploser, mais il n’en est rien:  l’écho s’éteint dans le lointain et la pluie cesse aussi vite qu’elle a commencé.

La terre peine à reprendre son souffle. A quatre pattes sur le sol, je suffoque, pris de nausées. Je ne peux faire cesser les tremblements qui me font tressauter de la tête aux pieds.

C’est alors que, par un miracle inexplicable, un rayon de soleil se fraie enfin un chemin entre les nuages. Ils se dissipent à grande vitesse, révélant un ciel d’azur sous lequel une végétation luxuriante pousse désormais à vue d’oeil.

Il se passe définitivement quelque chose.

Je reprends ma route dans un cadre de conte de fées. Les paysages sont exceptionnels, peuplés de mélodies enchanteresses et de belles paroles. Le spectacle est si beau que la lune elle-même refuse obstinément de se montrer.

Puis, sans l’ombre d’un signal, tout s’effondre en quelques secondes.

La terre à l’horizon commence à se craqueler, comme sous l’effet d’une pression intérieure. Le sol s’effondre en plusieurs endroits, laissant jaillir à la surface des jets de magma liquide.

Un sifflement déchirant emplit l’air, me vrillant les tympans au point que j’en hurle de douleur. Le ciel s’effrite morceau par morceau. Derrière lui, un vortex d’un noir impénétrable absorbe jusqu’à la dernière goutte de lumière.

J’ignore d’où l’impulsion me vient, mais je commence à courir. Je fuis, éperdument, évitant les précipices, slalomant entre les rivières de lave, évitant les scories démesurées qui s’abattent autour de moi en une mortelle cascade.

Je cours pendant des heures, des jours, peut-être bien des mois. Je m’attends à tout instant à être rattrapé par ce cauchemar dont je cherche à m’éloigner.

Pourtant, au bord de l’épuisement mais bel et bien entier, j’aperçois au loin ce qui ressemble à une gigantesque étendue d’eau. Un lac, peut-être même un océan, mais mes yeux rougis par l’insomnie sont incapables de distinguer.

Je continue d’avancer, mû à présent par ma seule volonté de survivre. Je ne peux de toute façon pas retourner en arrière: plus rien ne m’y attend.

J’arrive dans un port désert: pas un son, pas une âme, pas même une embarcation. Seul un radeau de fortune flotte misérablement sur l’eau, retenu par une corde si rongée qu’elle menace de lâcher à tout instant.

En cet instant, j’y vois pourtant mon unique chance de salut. Je bondis donc sur le radeau, et le seul choc de ma réception sur les planches suffit à rompre définitivement l’amarre précaire.

Le radeau file vers le large, sans aucun moyen pour moi d’en influencer la direction.

Je laisse derrière moi une terre dévastée couverte de misère, de larmes et de désolation. Devant moi s’étend l’intimidant spectacle d’une mer virginale couverte d’inconnu, de peur et de solitude.

Rapidement, les tempêtes succèdent aux intempéries et les cyclones aux tempêtes. Je me maintiens désespérément à flots, à bout de forces, les éléments sans cesse déchaînés ne m’accordant aucun répit.

Je songe plus d’une fois à abandonner mon pathétique radeau. Attendre la prochaine vague, l’accueillir à bras ouverts et la laisser m’emporter loin de ce combat absurde, de cette douleur inhumaine, de cette quête vouée à l’échec.

Je continue pourtant à m’agripper à mes quelques planches de bois, courbant l’échine à chaque nouveau tsunami, retenant ma respiration pendant d’interminables minutes et luttant avec l’énergie du désespoir le plus absolu.

Au terme d’une dérive interminable, j’aperçois au loin ce que je prends d’abord pour un mirage issu de mon esprit au bord de la rupture. Les minutes passent pourtant sans que la vision ne se dissipe. J’en viens à penser l’impensable.

Quelques centaines de mètres supplémentaires et l’illusion prend des allures de réalité: terre à l’horizon.

Le ciel toujours chargé déverse en flots ininterrompus une pluie fine et pénétrante. C’est toujours un temps de merde mais le plus gros du déluge semble être passé. Je m’échoue sur une plage.

Je suis vivant. J’ai traversé l’enfer, j’ai navigué sur l’abîme, et je suis vivant.

Devant moi s’étend un paysage trouble et inconsistant, le même que celui qui m’a accueilli à la sortie de cet étang il y a maintenant si longtemps. Au terme de ce chemin interminable, je me retrouve à mon point de départ.

Je commence à ramper, lentement. Faiblement. Sans but. Le brouillard est si dense.

Shamaniac Fiesta

Posted in Festivals et événements avec des tags , on 8 février 2010 by The Psyminder

Shamaniac Fiesta

Samedi soir avait lieu la Shamaniac Fiesta à Moudon, à une grosse heure en voiture depuis Genève. Disons-le tout de suite, cette première goa de 2010 a été un véritable régal.

Petit retour en arrière.

Samedi, 14h. J’émerge péniblement, ayant eu la brillante idée de me coucher à 7h du matin. La perspective de remettre le couvert ce soir me semble bien ambitieuse, mais je sais que la motivation reviendra en temps voulu.

La Shamaniac est une teuf que j’ai dans le collimateur depuis un moment: pas trop galère d’accès, cadre visiblement original – d’anciennes prisons – et Psyberpunk comme unique maître du floor goa, autant d’atouts qui en font une cible hautement attractive.

Concernant les obstacles potentiels, à part le fait que je suis une nouvelle fois seul dans mon trip, rien de bien significatif.

Vous me connaissez suffisamment maintenant pour savoir qu’il en faut plus pour me démotiver, d’autant plus que je suis pour une fois assuré de retrouver des gens sur place: Flo, une charmante passionnée de goa rencontrée il y a peu, sera aussi de la partie.

En fait, je suis même censé faire la route avec elle. Seulement, en cours de journée, j’apprends que la place initialement prévue pour moi dans la voiture n’est finalement plus disponible. Aïe.

Heureusement, Flo fait des pieds et des mains pour me trouver une solution de rechange. Je finis par recevoir deux messages, l’un d’une inconnue et l’autre de Psyberpunk, m’invitant à appeler un certain Olivier qui a apparemment une place pour moi.

Ni une ni deux, je le contacte et nous nous filons rendez-vous vers l’Usine. Royal.

C’est ça qui est magnifique avec l’esprit des goa’ulds: si tu t’embarques dans les mêmes délires que moi, tu fais d’office partie de ma famille. Ca se passe de toute explication.

Olivier me récupère vers 21h, puis nous nous mettons en route pour Ferney. Nous allons chercher Cédric, aka DJ Delirium, lequel habite avec son amie Vinnie et leur adorable gamine bientôt âgée d’un an.

C’est Vinnie qui, en même temps que Psyberpunk, m’a filé le numéro d’Olivier.

Nous passons un moment à discuter sur place en buvant quelques bières. J’apprends que tous les trois font partie d’un collectif organisant des goa, la prochaine ayant d’ailleurs lieu le 13 mars. Vraiment des gens très bien.

Cédric étant de sortie, Vinnie reste garder la pitchoune. Elle a donc invité des amis pour un poker endiablé, amis dont l’arrivée prolonge encore la conversation tant l’ambiance est bon enfant.

Ce n’est donc que vers 23h que nous décollons de Ferney. La teuf étant programmée pour finir à 4h, partir plus tard n’aurait vraiment pas été raisonnable.

Nous trouvons sans problème Les Prisons, que nous rejoignons par le biais d’un magistral sens interdit, dans une rue étroite et à l’inclinaison vertigineuse. Discret, tout dans le feutré – comme il se doit.

Nous garons le voiture sur le parking à une centaine de mètres de là et redescendons d’un bon pas. Le froid est mordant et la neige est visiblement tombée abondamment il y a de cela peu de temps.

Sitôt entré, je réalise que je me suis un peu laissé emporter par mon imagination: si cet endroit fut jadis une prison, il s’agit aujourd’hui d’une boîte tout ce qu’il y a d’ordinaire. Adieu le bar dans une cellule et les geôliers pour assurer la sécu.

Qu’importe, je ferai avec.

Olivier, Cédric et moi gagnons immédiatement le premier étage pour rejoindre le floor goa, déjà bondé. Il faut dire qu’il en faut peu vu la taille assez modeste de l’endroit, mais cela contribue à nous mettre directement dans l’ambiance.

Je suis net comme jamais je ne l’ai été en débarquant dans une teuf de ce genre, et je constate avec soulagement que cela ne me pose pas le moindre problème. Olivier et Cédric saluent de nombreux amis pendant que je jette mon dévolu sur un carré d’espace relativement libre.

Psyberpunk est aux platines depuis 21h30. Le début de soirée, de la progressive, s’est déroulé sous son autre nom de scène: Argonautes. C’est pourtant bien Psyberpunk qui est désormais à l’œuvre dans son style inimitable.

Nous sommes arrivés pile à temps pour entendre l’un de ces derniers morceaux, Fritz the Cat, en référence à un célèbre comics américain des années ‘60. Une merveille.

Le morceau est accompagné d’un clip monté à partir des adaptations cinématographiques de Fritz the Cat. Le résultat est grandiose, le VJing étant assuré par The Tetragrammaton – nouveau projet de Rod des Dragon Guys.

En dansant, je regarde attentivement autour de moi pour m’imprégner de l’ambiance. Je commence déjà à bâtir le scénario de mon récit et enregistre en priorité les détails que j’estime nécessaires à la narration.

La décoration dans son ensemble est assez simpliste, voire décevante je l’avoue. Certes, l’endroit ne se prête guère aux mêmes extravagances que la Factory. Je pense quand même qu’il y avait moyen de faire un peu plus soigné, mais je fais le chieur.

Je découvre en revanche avec admiration un élément inédit situé entre le DJ et le floor: une sorte de grand film de plastique s’étend d’un bout à l’autre de la salle, assez dense pour capturer la lumière mais assez fin pour ne pas masquer ce qui se trouve derrière.

Le VJing de Tetragrammaton vient donc se briser sur toute la largeur de la salle, enveloppant Psyberpunk dans un nuage de couleurs, de mouvements et de distorsions lui conférant des allures d’apparition psycho-mystique.

Putain que ça colle bien au personnage est la première réflexion qui m’a traversé l’esprit.

Une installation similaire semble également recouvrir le plafond  dans l’axe du projecteur, ce qui contribue en partie à compenser le manque d’éclairages et de décorations sur les murs.

Les lampes à UV sautant régulièrement pendant la soirée, le floor se retrouve néanmoins  fréquemment plongé dans une pénombre assez dense pendant plusieurs minutes.

Qu’à cela ne tienne en fin de compte, personne n’a besoin de lumière pour taper du pied: il suffit de savoir où est le sol.

Je tente de contacter Flo, sans succès. Je continue donc à danser, régulièrement rejoint par Cédric et Olivier, les perdant l’instant d’après et en profitant pour aller me chercher un verre.

Je regagne systématiquement mon petit carré d’espace, près du mur opposé au bar, et je me délecte du spectacle.

Un floor goa en mouvement  – honteux pléonasme – a un charme indéfinissable. Il est animé d’un rythme et d’une cohésion que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Contrairement aux clubeurs du dimanche, les goa’ulds sont passionnés par leur musique de prédilection. Ils la vivent, l’expriment et la danse en symbiose, comme si leurs mouvements étaient l’héritage d’une pratique ancestrale insufflée dans leurs gènes dès la naissance.

Un floor goa est un océan d’harmonie déchaînée. Tout est à sa place et rien ne jure dans le paysage.

Chaque bras, chaque jambe, chaque mèche de cheveux se trouve en permanence à un endroit et un moment bien précis, pour la simple et bonne raison que c’est la combinaison la plus naturelle avec la jambe, le bras, la mèche de cheveux du voisin.

Je pourrais regarder ce spectacle pendant des heures.

Je tente une nouvelle fois de contacter Flo, mais sans succès. Je continue donc à danser, persuadé que je finirai bien par l’apercevoir sur le floor au détour d’une pirouette.

Psyberpunk monte progressivement en puissance – jeu de mots pour initié inside.

Son set se fait plus musclé, et l’espace autour de moi s’est légèrement agrandi. Je commence gentiment à sentir l’effet des vodka-redbull mais suis encore lucide comme une nonne végétarienne.

Je tape du pied avec force, percevant les mouvements du magnifique chapeau d’Olivier à quelques mètres sur ma droite. Le floor hurlant a lui aussi senti le changement de vibrations dans l’air, qui se fait de plus en plus électrique.

Soudainement, je la vois. Flo est à deux mètres de moi, parlant à deux charmantes créatures dont la grâce et la beauté des mouvements m’ont envoûté à de nombreuses reprises au cours des 3 dernières heures.

Elle m’aperçoit elle aussi, et nous tombons dans les bras l’un de l’autre avec enthousiasme. Elle me présente rapidement ses amies et replonge aussitôt dans la mêlée, près de la scène. Tiens, j’en connais une qui est chargée à bloc.

Je la retrouve peu après 4h, alors que le son vient cruellement de s’arrêter. On a beau être prévenu, la coupure du son à une heure aussi précoce déchire toujours la peau comme un bon linge mouillé entortillé.

Le floor réclame d’ailleurs la reprise des hostilités avec insistance, mais rien n’y fait. Je vais donc saluer et féliciter Psyberpunk, que je retrouve en compagnie d’Olivier et Cédric: ils sont venus acheter leurs billets pour le Boom dont Psyberpunk est ambassadeur pour la Suisse.

Le temps d’en fumer un dernier et nous reprenons la route de Ferney, Cédric accusant le coup physiquement. Je prends donc congé de Flo en sachant pertinemment que je la reverrai avant longtemps.

Dans la voiture, je danse sur la banquette arrière pendant tout le trajet. Olivier fait péter du bon son et je suis encore en pleine forme.

Lâché à Meyrin – soit à l’autre bout de la ville depuis chez moi, je tombe miraculeusement sur un taxi qui m’évite d’avoir à marcher en cette fin de nuit glaciale. Retour rapide et confortable.

En résumé, cette soirée aura été grandiose à de nombreux égards.

J’ai rencontré des gens adorables que je reverrai certainement bientôt. J’ai passé une soirée 100% drug free et n’en ai ressenti aucune frustration. Et pour couronner le tout, je me suis régalé les oreilles pendant 4 heures.

Psyberpunk a été tout simplement exceptionnel. Je le chambre souvent car il est généralement le seul DJ à jouer 3 heures là où les autres n’ont que 90 minutes, mais il y a en fait une explication parfaitement rationnelle à cela.

Pour apprécier Psyberpunk dans toute sa splendeur, 3h est vraiment la durée minimum. La profondeur de son registre, le perfectionnisme apporté à son œuvre et le travail qui accompagne chaque morceau font de lui un véritable compositeur.

Quand il joue, il raconte. Il illustre. Il transmet. Il bâtit son récit patiemment, avec minutie et application. Il ouvre la porte de son univers aux tapeurs de pied, les prend par la main et leur en fait visiter tous les recoins, du plus accessible au plus reculé.

Il les entraîne dans un voyage initiatique aux étapes hautes en couleurs, chaque escale recelant son lot de mystères et de magie, et il plante autour d’eux un décor féérique dont il a lui-même créé jusqu’à la dernière pierre.

Et ses doigts, inlassablement, fredonnent le même refrain:  entrez dans la trance.

Si Baudelaire avait vécu à l’époque de Psyberpunk, L’invitation au voyage aurait une toute autre gueule, croyez-moi.

Un grand merci à toi Brousse pour cette soirée très intense. jJespère avoir bientôt l’occasion de siffler une absinthe avec toi – ou un rhum blanc, quelqu’un m’a dit que ça tue les microbes…

Saturday Night Fail

Posted in Instantanés avec des tags on 24 janvier 2010 by The Psyminder

« Le problème des bonnes idées, c’est qu’on est rarement le seul à les avoir. »

Moi

Depuis combien de temps n’ai-je pas passé un samedi soir sans sortir? La réponse se chiffre en mois, sinon en années.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore encore si la série prendra fin dans les heures qui viennent.

Le grand problème de l’Usine depuis la fermeture d’Artamis, c’est la surpopulation.

A moins d’arriver après 2 heures du matin, il faut compter une bonne demie heure de queue à l’entrée et un gros quart d’heure au vestiaire, le tout dans des conditions d’écrasement et d’alcoolémie abominables.

L’autre solution pour s’éviter tout ça, c’est d’arriver à l’ouverture des portes: on chope le tampon, on pose ses affaires au vestiaire et on va picoler une paire d’heures en attendant que l’ambiance monte.

A vrai dire, c’est même  tellement efficace que je l’ai fait hier. Tampon pris à 21h, déplacement chez une amie pour se chauffer le gosier, retour à l’Usine sur le coup des 1h30 et entrée immédiate. Royal.

Le seul problème, c’est que ce genre de plan ne marche que pour les soirées se déroulant au rez-de-chaussée – Le Kab, précisément parce que les portes ouvrent à 21h.

Mes amis ayant d’ailleurs décidé d’y aller ce soir, ils n’ont eu aucun mal à appliquer cette stratégie élémentaire mais redoutablement efficace.

En ce qui me concerne, j’ai donc découvert ce soir que ce raisonnement n’est pas du tout adapté aux soirées qui se déroulent à l’étage – Le Zoo.

Arrivé à 23h pour l’ouverture, je me suis en effet retrouvé face à une foule compacte représentant déjà une bonne heure de queue.

Est-ce dû à ma soirée d’hier, ou à cette brouille ridicule que j’ai momentanément causée avec mon grand frère que j’aime plus que tout? Je l’ignore, mais toujours est-il que je n’étais déjà pas en très grande forme en arrivant.

Ajoutez à cela un froid mordant, un crâne fraîchement rasé et un sérieux doute quant à la qualité du son – soirée dark psytrance sournoisement présentée comme de la goa, vous comprendrez pourquoi je n’ai pas insisté plus que ça.

Il est maintenant minuit passé de 7 minutes, et j’ignore encore si je vais trouver la motivation pour ressortir. Le dernier tram est à 1h47 et me garantit une entrée rapide au Zoo, mais je sais que mes chances de tenir jusque là sont minces.

Même si un samedi tranquille me ferait le plus grand bien, j’avoue que ça me ferait un peu mal au sac de rester chez moi pour une fois qu’il y a de la psy à l’Usine, même si c’est de la dark.

Actuellement c’est du 50-50 et les paris sont ouverts: d’après vous, quelle option l’a emporté?

Le paradoxe de la carotte tropicale

Posted in Inner Forest avec des tags , on 21 janvier 2010 by The Psyminder

Si ce titre vous choque, rassurez-vous: il me choque aussi. Seulement allez savoir pourquoi, il m’es venu tout naturellement, et j’ai pour principe de ne jamais revenir sur mes choix instinctifs – à l’écrit comme au vécu d’ailleurs, ce qui n’est pas sans conséquences.

De plus, je suis persuadé qu’au terme de ce billet, vous conviendrez que ce mariage du mystère avec le burlesque était probablement le meilleur moyen de résumer une réflexion aux composants ma foi bien hétéroclites.

Si je m’encombre de cette maladroite introduction, c’est parce que j’éprouve pour la première fois une certaine appréhension à aborder le point central de la soirée.

Peur de ne pas m’y retrouver, de ne pas parvenir à structurer mes idées, de ne pas trouver mes mots et de caler en route. Peur que j’aurais tendance à attribuer au sevrage entrepris depuis plusieurs semaines maintenant.

La majeure partie de mes articles a en effet été publiée sous l’effet de la dope, et l’influence du sevrage sur ce blog est une préoccupation que je crois avoir déjà abordée ici. Plus précisément, son influence sur mon inspiration.

Ca ne me plait pas plus que ça ne me ressemble.  Pourtant, il va bien falloir que je me lance – ne serait-ce que pour savoir si mes crainte sont justifiées ou non. Refuser d’affronter cette peur serait lui accorder la victoire sans même brandir les armes.

Partons donc pour le front.

Fin 2009, je me suis vanté d’avoir de grands projets pour 2010. J’ai clamé haut et fort que ma motivation, mon enthousiasme et ma détermination étaient revenus, et que ma grande remontée allait commencer.

Concernant les objectifs, tout est encore d’actualité. Ceux qui concernent mon boulot semblent d’ailleurs atteignables plus rapidement que je ne le pensais, à condition d’y mettre l’énergie nécessaire – so far, so good.

Ce qui commence déjà à se dissiper en revanche, c’est la conviction, la hargne, la niaque comme on dit. Je crois en connaître la raison, mais je répugne vraiment à l’écrire tant elle manque d’originalité: la solitude.

Tous ces projets, toutes ces ambitions n’ont aucun sens si elles ne s’inscrivent pas dans un cadre plus global. Je n’ai jamais visé la réussite pour pouvoir me faire mousser ensuite: je ne la recherche que pour la partager avec quelqu’un.

Gravir les échelons et m’épanouir individuellement pour ensuite rentrer le raconter à mon PC est un avenir qui ne m’inspire guère. Le faire pour offrir à ma compagne une vie confortable et une présence rassurante relève déjà d’une toute autre dynamique.

Je me répète qu’il ne faut surtout pas pécher par impatience: 2010 vient de commencer et il serait déraisonnable de s’attendre à des changements radicaux avant même la fin du mois de janvier. Au fond de moi pourtant, j’ai l’impression que le problème est ailleurs.

Ce qui me tracasse réellement, c’est le fait de ne constater aucun changement dans mon comportement dès que je suis de sortie. A vrai dire, j’ai l’impression que c’est pire depuis quelques temps – toujours depuis ce début de sevrage.

Suis-je en train de remplacer une addiction par une autre? Quoi qu’il en soit, ma consommation d’alcool le week-end est en passe d’échapper à toute unité de mesure, ce qui va de nouveau diamétralement à l’encontre de ma véritable priorité: me caser.

Même si j’arrivais à emballer en soirée, j’aurais probablement oublié la scène à mon réveil.

Alors certes, je ne me drogue plus et c’est une bonne chose, mais peut-on vraiment considérer qu’il y a progrès dès lors que le résultat est exactement le même? Cela signifie juste que je mourrai emporté par mon foie et non par mon cerveau.

Je vous le disais, on est loin de l’assurance qui a recueilli les derniers souffles de 2009. Signe qui ne trompe pas, mes nuits ces dernières semaines ont d’ailleurs été particulièrement pénibles.

Le plus étrange dans tout ça, c’est que je ressens à nouveau un certain détachement par rapport à tout ceci. Une sorte de résignation, de propension à laisser se faire les choses qui – je le sais pourtant – ne m’ont jamais rien apporté de bon.

Face à cette dangereuse dérive, j’ai décidé de tenter quelque chose avant que la situation ne s’envenime: je sens qu’elle aurait trop vite fait de se suivre les sillons profondément incrustés dans le sang de 2009, scénario qui – faut-il le répéter – n’est même pas envisageable.

Vous qui attendiez impatiemment de connaître le pourquoi de ce titre, asseyez-vous confortablement et servez-vous un verre: l’explication est désormais imminente.

A défaut de copine, il me faut un autre cadre, un autre fil conducteur, et désolé si le terme semble réducteur pour l’hypothétique copine. Il ne s’agit que d’une métaphore destinée à faciliter la communication asynchrone inhérente à mon format d’expression.

Or, ce cadre, je l’ai trouvé la semaine dernière. Enfin, disons que j’ai trouvé un cadre plutôt. De là à savoir si c’est bien celui qu’il me faut, il y a un pas que je ne me risquerai certainement pas à franchir pour le moment.

Ce cadre s’appelle Mafia Dance Festival, et je vous assure que vous n’avez pas fini d’en entendre parler ici.

Personnellement, j’en ai entendu parler pour la première fois à Ozora. Toujours au courant des bons plans, c’est l’organisateur de Transahara qui en avait parlé le dimanche après-midi, alors que nous vivions les dernières minutes de ce festival démentiel.

Je n’avais pas vraiment tilté sur le moment. A titre de comparaison, ça revenait un peu à vanter un grand Bordeaux à un mec ayant déjà ingurgité 4 litres de bière.

Cette discussion m’est rapidement sortie de la tête, jusqu’à ce que le sujet revienne sur le tapis lors d’une autre discussion avec Dou. Pourtant, là encore, j’ai vite abandonné l’idée – trop loin, trop long et sûrement trop cher.

Puis il y a eu la semaine dernière. Le moment où j’ai senti que je piquais du nez, ce même moment où j’ai commencé à percevoir qu’il me fallait un électrochoc pour tenir le coup.

Il me fallait ce fameux cadre, ce point vers lequel tendre et qui me donnerait la force de poursuivre les objectifs que je me suis fixé. Une raison de me jeter à corps perdu dans la bataille, sachant qu’à son terme m’attendrait une récompense divine.

Alors j’ai réfléchi, et j’ai cherché, jusqu’à retomber accidentellement sur ce nom: Mafia Island, Tanzanie, futur hôte d’un festival de 15 jours réunissant plus de 150 DJs. Et pas des moindres, s’il vous plaît.

Sans me forcer, je reconnais plus d’une trentaine de noms sur la seule scène principale – désolé si les quelques lignes suivantes ne vous inspirent rien mais je ne peux pas garder le silence sur un line-up pareil.

La phénoménale clique sud africaine tout d’abord: mes deux héros – Lost & Found et Frozen Ghost, flanqués de Broken Toy, Rubix Qube, Shift, Slug et Xatrik, ceci sans nommer ceux que j’aime un peu moins.

Les Français ne sont pas en reste, alignant fièrement Absolum, Phatmatix, Mindcore et Transwave. Les Anglais et les Allemands sont venus en masse, et on compte même quelques Suisses – Ajja et Liquid Soul principalement.

Et la liste continue. C’est tellement énorme qu’on en vient presque à douter que ce soit possible, mais c’est surtout tellement énorme que j’ai acheté mon ticket d’entrée moins de 24 après avoir pris connaissance du programme.

Durant la première quinzaine d’août, je me trouverai sur une île paradisiaque, dansant sous les étoiles, dormant sous les cocotiers, buvant avidement le soleil et ne quittant le dance floor que pour les eaux turquoises montant à l’assaut des plages de sable blanc.

Je pars pour l’instant tout seul, mais Dou et une partie de la tribe marocaine seront là-bas. Le festival étant par ailleurs limité à 3′000 personnes, créer des contacts devrait être un vrai jeu d’enfants – toujours ce fameux relationnel.

Pour garder le cap, il me fallait une carotte, et elle a pris la forme d’une île tropicale. Ceci vous fournit un premier élément d’explication, et ceux d’entre vous qui me connaissent ont probablement déjà reconstitué le puzzle dans sa totalité.

J’ai beau faire de gros effort, il m’est difficile d’imaginer qu’un tel festival ne verra pas son lot de chéper arriver avec leur petite défonce personnelle, défonce qui finira automatiquement par circuler au fur et à mesure que les gens feront connaissance.

Autrement dit, pour me donner la force de vaincre enfin la solitude, de poursuivre mes objectifs et de continuer mon sevrage, j’ai comme point de mire un festival à fort potentiel psychotrope dans lequel je compte me rendre seul pendant deux semaines.

Ce paradoxe, chers amis, est celui de la carotte tropicale.